Le Haut conseil des finances publiques juge la cible de 0,5 % de croissance du PIB en 2026 « difficilement atteignable » et préconise 0,3 %

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 8 lectures
Le Haut conseil des finances publiques juge la cible de 0,5 % de croissance du PIB en 2026 « difficilement atteignable » et préconise 0,3 %

Le Haut conseil des finances publiques (HCFP) a publié un avis le 4 novembre, jugeant que l’objectif de 0,5 % de croissance du PIB pour 2026, avancé par le gouvernement, est « difficilement atteignable ». L’institution estime qu’une hausse de 0,3 % serait plus réaliste, tout en rappelant que les hypothèses macroéconomiques sous‑jacent n’ont pas été révisées.

Un avis critique sur les hypothèses de croissance

Dans son analyse du projet de loi de finances de fin de gestion 2026, le HCFP souligne que les scénarios de prix de l’énergie et de taux d’intérêt restent inchangés, alors même que les données récentes indiquent un ralentissement de l’activité. Selon le conseil, les principaux indicateurs du scénario économique – croissance et inflation – ne correspondent plus à une prévision centrale fiable. Ainsi, la cible de 0,5 % de croissance, déjà supérieure à la plupart des prévisions privées (0,4 % à la mi‑octobre), est jugée excessivement optimiste.

Divergence avec les prévisions gouvernementales et bancaires

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a défendu la projection de 0,5 % lors du conseil des ministres, la qualifiant d’estimation solide malgré les performances récentes du PIB. De son côté, le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, avait indiqué que la prévision interne de la banque, fixée à 0,4 % pour 2026, était « un peu optimiste » et serait révisée à la mi‑décembre. Cette discordance entre les trois acteurs – gouvernement, banque centrale et HCFP – reflète l’incertitude qui plane sur la trajectoire de la reprise française.

Conséquences sur le déficit public et l’inflation

Le gouvernement maintient également une prévision de déficit public à 5,4 % du PIB pour 2026. Le HCFP estime toutefois que ce chiffre est « fragilisé par les évolutions récentes et les dernières informations ». En parallèle, la prévision d’inflation de 2,1 % pour 2026 est jugée trop basse, d’un ou deux dixièmes, selon le conseil. Un déficit plus important que prévu et une inflation sous‑estimée pourraient contraindre les autorités à réviser leurs objectifs budgétaires dans les prochains mois.

Un contexte économique déjà en repli

Les dernières données de l’Insee renforcent les inquiétudes du HCFP. Au troisième trimestre, le PIB français a reculé de 0,1 %, après une baisse de 0,2 % au premier trimestre et une stagnation au deuxième. Ces performances, en deçà des attentes, ont surpris l’ensemble des prévisionnistes. Le ralentissement de la création de richesses confirme la difficulté à atteindre les objectifs de croissance affichés par le gouvernement.

Enjeux pour les décideurs et perspectives

Si le HCFP ne propose pas de nouvelle cible officielle, son avis incite les décideurs à réévaluer les hypothèses macroéconomiques sous‑jacent avant la clôture de l’exercice budgétaire. Une révision à la baisse de la croissance attendue pourrait entraîner un ajustement du déficit, voire une réorientation des priorités de dépenses publiques. Les prochains rapports de la Banque de France et les éventuelles mises à jour du gouvernement seront donc scrutés de près par les acteurs économiques et les investisseurs.

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