Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a exprimé sa vive préoccupation face aux opérations de déblaiement menées par l'armée israélienne dans la bande de Gaza. Selon l'instance onusienne, ces manœuvres, effectuées à l'aide d'engins lourds, risquent de détruire des preuves cruciales liées à de possibles crimes de guerre tout en témoignant d'un manque de respect pour les dépouilles ensevelies.
L'effacement des traces sous les décombres
La destruction massive des infrastructures à Gaza, causée par les bombardements et les démolitions systématiques, a généré environ 61 millions de tonnes de débris. L'ONU estime que le processus de nettoyage pourrait s'étendre sur sept ans. Pour Volker Türk, le recours aux bulldozers dans les zones où l'armée israélienne reste déployée entrave gravement la possibilité de documenter les faits. La découverte récurrente de restes humains appartenant à des familles entières, incluant des femmes et des enfants, renforce les craintes que ces sites ne soient effacés avant toute expertise judiciaire indépendante.
Un bilan humain qui s'alourdit
Depuis novembre 2025, les services de la Défense civile palestinienne ont pu extraire plus de 630 corps des décombres. Toutefois, les autorités locales estiment que plus de 8 000 personnes pourraient encore se trouver sous les ruines. Le 6 septembre dernier, une cérémonie funéraire a été organisée dans le nord de l'enclave pour environ 100 personnes, dont 60 enfants, illustrant l'ampleur du traumatisme collectif. Le Haut-Commissaire a souligné que ces découvertes ne représentent probablement que « la partie émergée de l'iceberg ».
La persistance des hostilités malgré la trêve
Malgré l'accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis en octobre 2025, les opérations militaires israéliennes se poursuivent, faisant plus de 1 300 morts depuis l'entrée en vigueur de la trêve. Les incidents récents, tels que le tir de sniper dans le camp de réfugiés de Jabalia ou l'attaque par drone dans une zone industrielle de Gaza City, confirment la fragilité de la situation sécuritaire. L'ONU continue de pointer du doigt l'usage d'armes explosives dans des zones densément peuplées, une pratique qui, selon Volker Türk, ne permet pas de distinguer efficacement les cibles militaires des populations civiles, soulevant des questions majeures sur le respect du droit international humanitaire.