Le journaliste Babacar Fall, figure de la matinale de la RFM, fait face à une vague de menaces de mort et d'insultes suite à la diffusion d'un entretien avec Serigne Abou Sy. Cette affaire, qui cristallise les tensions au sein de la famille Sy, interroge la place du contradictoire dans le traitement médiatique des sujets religieux au Sénégal.
Une interview au cœur des tensions familiales
La polémique a éclaté après l'émission du 26 août, lors de laquelle Babacar Fall a reçu Serigne Abou Sy, fils de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum. Cet échange faisait suite aux déclarations de Serigne Moustapha Sy, responsable moral des Moustarchidines, concernant ses rapports avec le président Bassirou Diomaye Faye. Au cours de l'entretien, Serigne Abou Sy a évoqué une plainte familiale contre Serigne Moustapha Sy, tout en formulant des accusations sur le financement du Gamou et sur les relations internes au sein de la lignée, ravivant ainsi un conflit de succession ancien.
La défense du principe de contradiction
Face à la violence des réactions, le patron de presse Madiambal Diagne a publiquement apporté son soutien à son confrère. Il dénonce une attaque menée par des « fanatiques religieux » visant à intimider un professionnel des médias. Pour Madiambal Diagne, le journaliste n'a fait qu'exercer son métier en tendant son micro à un acteur légitime pour aborder des questions d'intérêt public. Cette prise de position souligne la difficulté pour les médias sénégalais de couvrir des sujets impliquant des figures religieuses sans subir de pressions directes.
Un climat de défiance envers les médias
Ce n'est pas la première fois que la rédaction de la RFM est prise à partie dans ce dossier. La Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty avait déjà reproché à Babacar Fall d'avoir refusé un droit de réplique lors d'une précédente séquence consacrée aux mêmes tensions. Ces incidents successifs illustrent une crispation croissante autour de la couverture médiatique des affaires confrériques. Le cas de Babacar Fall, désormais contraint de faire face à des menaces physiques, met en lumière les risques encourus par les journalistes lorsqu'ils tentent d'appliquer les règles déontologiques du contradictoire dans un contexte social où les lignes entre sphère privée, politique et religieuse sont particulièrement poreuses.