Un Conseil de paix mandaté par les États-Unis exige l’arrêt des lancements de cerfs-volants depuis Gaza, tandis qu’Israël brandit la menace de frappes ciblées. Le Hamas rejette ces accusations et dénonce une instrumentalisation des activités d’enfants.
Un avertissement américain au Hamas : la fin des cerfs-volants
Le « Conseil de paix » chargé par Washington de superviser un plan de paix pour Gaza a directement interpellé le Hamas, exigeant l’arrêt immédiat des lancements de cerfs-volants depuis l’enclave palestinienne. Selon un responsable du Conseil, cité sous anonymat, « toute activité militante à Gaza doit cesser, y compris le fait de faire voler des cerfs-volants ». Ce message a été transmis via les canaux diplomatiques établis, alors que les tensions persistent autour de la trêve fragile dans la région. Le même responsable a rappelé qu’Israël devait également respecter le cessez-le-feu, limitant ses réponses militaires à des menaces « réelles et imminentes ».
Israël brandit la menace de représailles : Netanyahu et Katz en première ligne
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense Israël Katz ont prévenu le Hamas dimanche que toute poursuite des lancements de cerfs-volants, drones ou ballons vers Israël entraînerait une intensification des opérations militaires dans la bande de Gaza. Cette mise en garde intervient après la découverte de plusieurs engins non explosifs près de la frontière israélienne, dont quatre cerfs-volants samedi et un ballon abattu dimanche. Selon les médias israéliens, une dizaine de ces objets ont été récupérés ces derniers jours dans des zones encore marquées par les attaques du 7 octobre 2023.
Le Hamas contre-attaque : des enfants, pas des armes
Le mouvement islamiste a vivement réagi à ces accusations, qualifiant les lancements de cerfs-volants de simples « activités d’enfants innocents en quête de normalité dans un territoire dévasté ». Bassem Naim, membre du bureau politique du Hamas, a dénoncé une « audace » des médiateurs internationaux, estimant que ces accusations servaient à justifier une escalade israélienne. « Est-il concevable que les tentatives d’amadouer Netanyahu les aient conduits à décrire des activités d’enfants comme des actes armés ? » a-t-il lancé, rappelant que l’accord de paix soutenu par les États-Unis, accepté par le Hamas mais rejeté par Israël, n’a pas mis fin aux destructions quotidiennes dans l’enclave.
Un symbole devenu enjeu de guerre : entre provocations et instrumentalisation
Bien que dépourvus d’explosifs, ces cerfs-volants ravivent le souvenir des vagues d’engins incendiaires lancés depuis Gaza ces dernières années, ayant provoqué des dégâts majeurs dans les terres agricoles du sud d’Israël. L’armée israélienne suspecte le Hamas de vouloir tester la réaction de Tsahal, tandis que le mouvement palestinien dénonce une stratégie israélienne visant à discréditer toute tentative de résistance pacifique. La question dépasse désormais le simple cadre des provocations : elle interroge la crédibilité des mécanismes de paix en place et la capacité des parties à respecter, ou même à définir, les termes d’une trêve durable.