Le groupe terroriste Jama’at Ansar al-Muslimin fī Bilād Sudan, plus connu sous le nom d'Ansaru, a réitéré sa responsabilité dans l'assassinat du religieux Yahaya Masussuka, survenu fin octobre à Dutsin-Ma, dans l'État de Katsina. Dans une vidéo de propagande diffusée début novembre, l'organisation expose ses motivations idéologiques, marquant une nouvelle étape dans sa stratégie de communication violente au Nigeria.
Une justification théologique de la violence
Dans cette séquence vidéo de neuf minutes, un membre masqué du groupe, en tenue de camouflage, présente le meurtre de M. Masussuka comme un acte de « lutte religieuse ». Le porte-parole s'appuie sur des références historiques et des interprétations théologiques pour légitimer l'exécution, citant notamment des épisodes anciens pour établir des précédents à ses actions. Le groupe affirme agir là où, selon lui, l'État nigérian fait défaut en ne sanctionnant pas les individus accusés de porter atteinte à l'Islam ou au Prophète.
Le différend autour de la doctrine « Quraniyun »
L'assassinat de Yahaya Masussuka, survenu le 26 octobre devant son domicile, semble lié à ses prises de position théologiques. Le religieux était connu pour son approche centrée sur le Coran, une posture souvent associée au mouvement « Quraniyun » ou « Kala-kato ». Bien que M. Masussuka ait régulièrement prôné l'harmonie interreligieuse, Ansaru l'a accusé de contester les hadiths et de s'opposer aux fondements de la foi, justifiant ainsi son élimination.
Un climat de tensions sécuritaires persistantes
La diffusion de cette vidéo intervient dans un contexte de confusion locale. Si certains partisans du défunt ont initialement pointé du doigt des opposants théologiques issus du mouvement Izala, ces derniers ont formellement nié toute implication dans le crime. En revendiquant cet acte, Ansaru cherche à s'imposer comme un acteur radical cherchant à instrumentaliser les débats religieux pour justifier ses activités terroristes. Le groupe, déjà responsable de nombreuses attaques dans le nord du Nigeria, utilise ici la vidéo comme un outil de recrutement et d'affirmation de sa présence sur le terrain, tout en défiant ouvertement l'autorité de l'État.