La présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, Me Aïssata Tall Sall, a vivement critiqué la posture de la majorité Pastef suite au rejet de la loi de finances rectificative (LFR) 2026. Elle estime que cette décision révèle une incohérence politique majeure, la majorité ayant elle-même validé le budget initial dont la LFR n'est que la conséquence directe.
Une filiation budgétaire contestée
Pour Me Aïssata Tall Sall, la LFR 2026 porte une « tare congénitale » héritée de la loi de finances initiale (LFI) adoptée en décembre 2025. Selon elle, le rejet actuel par la majorité est un paradoxe, puisque ce sont ces mêmes députés qui avaient voté le budget initial malgré les alertes de l'opposition sur son manque de sincérité. À l'époque, les critiques formulées par les opposants leur avaient valu d'être qualifiés d'« antipatriotes » par les membres de Pastef.
Le basculement de la majorité
La présidente du groupe Takku Wallu souligne le revirement spectaculaire des parlementaires de la majorité. Alors qu'ils avaient soutenu sans réserve le gouvernement du Premier ministre Ousmane Sonko et le ministre des Finances lors du vote initial, ils invoquent aujourd'hui, pour justifier le rejet de la LFR, les arguments mêmes que l'opposition avait avancés un an plus tôt. Me Tall Sall qualifie cette volte-face de comportement politique opportuniste, affirmant que le ministre des Finances, resté en poste, est aujourd'hui conspué par ceux-là mêmes qui l'applaudissaient en 2025.
La stratégie de la question préalable
L'analyse de l'opposition porte également sur la méthode employée pour écarter le débat. Le 3 novembre 2026, l'adoption d'une question préalable par 109 voix contre 20 a permis de clore les discussions sans passer par un débat général. Pour Me Aïssata Tall Sall, cette manœuvre procédurale, permise par le règlement intérieur de l'Assemblée, visait avant tout à éviter une confrontation directe sur les contradictions internes de la majorité. Elle conclut que cette dernière partage une responsabilité pleine et entière avec le gouvernement, les comparant à un auteur principal et son complice face à la gestion des finances publiques du pays.