Le groupe Save Democracy interpelle le Parlement nigérian sur la conformité constitutionnelle du séjour prolongé du président Tinubu

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 29 lectures
Le groupe Save Democracy interpelle le Parlement nigérian sur la conformité constitutionnelle du séjour prolongé du président Tinubu

Le groupe Save Democracy a officiellement sollicité l'Assemblée nationale du Nigeria pour exiger une clarification sur le respect de l'article 145 de la Constitution, suite à la prolongation des vacances du président Bola Ahmed Tinubu à l'étranger. Cette démarche soulève des interrogations majeures sur la continuité de l'État et la procédure de transfert temporaire des pouvoirs présidentiels.

L'enjeu de la déclaration écrite

Au cœur du débat se trouve l'obligation constitutionnelle pour le chef de l'État de transmettre une déclaration écrite au président du Sénat et au président de la Chambre des représentants lorsqu'il s'absente pour des vacances ou est dans l'incapacité d'exercer ses fonctions. Le groupe, représenté par d'anciens députés, soutient que la simple capacité du président à diriger les affaires gouvernementales à distance, via les technologies de communication, ne dispense pas l'exécutif de se conformer strictement aux dispositions constitutionnelles.

Le délai des 21 jours et ses conséquences

La Constitution nigériane prévoit qu'en l'absence d'une telle déclaration transmise dans un délai de 21 jours, l'Assemblée nationale a la responsabilité d'intervenir. Le groupe Save Democracy souligne que ce délai est désormais dépassé. Par conséquent, il exhorte le président du Sénat, Godswill Akpabio, et le président de la Chambre des représentants, Tajudeen Abbas, à convoquer les deux chambres pour établir publiquement si le document requis a été reçu. Si tel n'est pas le cas, l'Assemblée est appelée à mandater le vice-président Kashim Shettima pour assurer l'intérim en tant que président par intérim, conformément à l'article 145(2).

Une gouvernance sous surveillance

La présidence nigériane a fait valoir que le président Tinubu est resté en contact avec les officiels et que le vice-président Kashim Shettima a assuré la représentation lors de fonctions officielles. Toutefois, le groupe insiste sur le fait que le respect de la loi fondamentale ne saurait être optionnel. Cette controverse intervient dans un contexte où le vice-président Shettima se trouve actuellement à New York pour représenter le pays à l'Assemblée générale des Nations Unies, laissant le Secrétaire au gouvernement de la Fédération, George Akume, assurer la continuité des événements officiels sur le sol national.

Les exigences du groupe Save Democracy

Pour résoudre cette impasse, le groupe demande trois mesures immédiates : une transparence totale des dirigeants parlementaires sur la réception de la déclaration présidentielle, la convocation urgente des chambres pour débattre de la situation, et l'application stricte de la procédure de transfert de pouvoir si le manquement constitutionnel est avéré. Pour les pétitionnaires, il s'agit d'un test de crédibilité pour l'Assemblée nationale, qui ne peut exiger des citoyens le respect de la Constitution tout en traitant ses propres obligations comme facultatives.

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