Le Patchbay Band, pilier de la scène live ghanéenne depuis plus d'une décennie, pointe du doigt les lacunes structurelles du secteur musical national. Malgré une longévité marquée par des collaborations avec des artistes de renom, le groupe déplore une absence de reconnaissance institutionnelle et un manque de cadre professionnel adapté à son activité.
Un plaidoyer pour la reconnaissance des orchestres live
Actif depuis 2011, le Patchbay Band s'est imposé comme un acteur incontournable de la scène musicale ghanéenne, accompagnant notamment des figures comme Akwaboah Snr. Pour le guitariste Dominic Quarchie, cette expérience accumulée sur plus de 15 ans devrait naturellement placer le groupe parmi les interlocuteurs privilégiés lors des débats sur l'évolution de la musique au Ghana. Le collectif estime que sa contribution au rayonnement du spectacle vivant est sous-évaluée, le reléguant à une position où il doit constamment justifier sa légitimité.
L'absence d'une industrie musicale structurée
Au-delà de la situation spécifique du groupe, Philip Acquah, manager et leader du Patchbay Band, remet en question l'existence même d'une industrie musicale ghanéenne formellement organisée. Selon lui, la prédominance d'organisations privées, telles que celles gérant les prix musicaux nationaux, masque l'absence d'une structure globale capable de défendre les intérêts collectifs des musiciens et des groupes live. Cette critique souligne un vide institutionnel où les intérêts des artistes ne seraient pas suffisamment représentés par des instances nationales.
Les limites des institutions actuelles
Bien que le Patchbay Band soit officiellement enregistré auprès du ministère du Tourisme et de l'Union des musiciens du Ghana (MUSIGA), ces structures sont jugées inadaptées aux réalités du travail des orchestres live. Philip Acquah souligne que le champ d'action de ces institutions reste trop restreint pour couvrir les spécificités techniques et économiques de leur métier. Ce constat met en lumière un décalage persistant entre les cadres administratifs en place et les besoins réels des professionnels de la scène, appelant à une réflexion plus profonde sur la gouvernance et le soutien aux acteurs culturels au Ghana.