Le groupe parlementaire minoritaire au Ghana conditionne sa participation à une réunion sur les rapatriements de ressortissants depuis l'Afrique du Sud à la divulgation complète des comptes. Malgré une demande formelle déposée en août, le ministère des Affaires étrangères n'a toujours pas fourni les justificatifs détaillés des 50 millions de GH¢ engagés pour cette opération.
Un blocage sur le droit à l'information
Le conflit porte sur l'application de la loi sur le droit à l'information (Right to Information Act, 2019). Le 17 août, les députés de l'opposition ont officiellement sollicité des détails précis sur l'utilisation des fonds publics alloués à l'évacuation et à la réintégration de 1 964 citoyens ghanéens, victimes de violences xénophobes. La demande, réceptionnée par le ministère le 25 août, exigeait des preuves documentées concernant les coûts de transport, d'hébergement, de services médicaux et les contributions éventuelles de partenaires privés.
L'exigence de redevabilité face aux fonds publics
Si le groupe minoritaire réaffirme son soutien politique à la décision initiale d'évacuer les ressortissants menacés, il souligne que cet appui ne dispense pas l'exécutif de son obligation de transparence. Le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a annoncé le 7 septembre un coût total proche de 50 millions de GH¢, sans toutefois accompagner cette déclaration de documents comptables probants. Pour les parlementaires, cette absence de détails empêche tout exercice sérieux de leur mission de contrôle budgétaire.
Boycott d'une réunion à huis clos
En signe de protestation, le caucus minoritaire a annoncé son refus de siéger à la réunion prévue le 16 septembre. Les députés estiment qu'il est inapproprié de débattre de la gestion de cette crise à huis clos tant que les pièces justificatives réclamées ne sont pas transmises. Cette position illustre une volonté accrue de l'opposition de faire respecter les mécanismes de reddition de comptes sur l'utilisation des deniers publics, rappelant que chaque dépense d'État doit être assortie d'une traçabilité rigoureuse.