Face à la recrudescence des violences, des enlèvements et des massacres dans le Nord du Nigeria, le groupe parlementaire minoritaire de la Chambre des représentants a formellement interpellé le président Bola Tinubu. Les législateurs exigent une stratégie sécuritaire plus offensive et une mobilisation financière exceptionnelle pour restaurer l'autorité de l'État dans les zones déstabilisées.
Une proposition de financement exceptionnelle
Pour soutenir une opération de sécurité d'envergure, les députés suggèrent le prélèvement de 5 milliards de dollars sur les réserves extérieures du pays. Selon le groupe minoritaire, la protection des vies humaines et des moyens de subsistance constitue la mission première du gouvernement, justifiant ainsi le recours à ces fonds pour financer une intervention extraordinaire. Parallèlement, ils appellent à une mise en œuvre rapide de la revalorisation salariale des forces armées, demandant au président de soumettre sans délai les amendements budgétaires nécessaires au Parlement.
Stratégie de verrouillage des zones de conflit
Le caucus rejette la politique des simples déclarations de condamnation après chaque attaque. Les élus préconisent une approche basée sur le renseignement, visant à « verrouiller » les théâtres d'opérations pour priver les groupes armés de leur liberté de mouvement. Cette stratégie impliquerait un déploiement massif des forces de sécurité dans les forêts et les enclaves criminelles identifiées dans des États comme le Plateau, le Niger, Sokoto, Kaduna et Katsina, où les bilans humains s'alourdissent régulièrement.
Exigence de présence présidentielle et de justice
Au-delà des mesures techniques, les parlementaires encouragent le chef de l'État à se rendre physiquement dans les zones les plus touchées, notamment à Zamfara et Illela, afin de témoigner de l'engagement de l'exécutif auprès des populations sinistrées. Le groupe a également soulevé la question de la détention de l'ancien gouverneur de l'État de Kaduna, Nasir El-Rufai, qualifiant sa situation de persécution politique et interrogeant la cohérence de la campagne anti-corruption menée par le gouvernement fédéral.
Un climat sécuritaire dégradé
Les données citées par le caucus illustrent l'ampleur du défi : des dizaines de victimes recensées à Mangu, des fidèles enlevés lors de prières dans le Niger, et des massacres à grande échelle dans le Sokoto et le Kaduna. Face à cette situation, les députés insistent sur la nécessité d'une action coordonnée et soutenue, soulignant que la crédibilité de l'administration Tinubu dépendra de sa capacité à neutraliser les réseaux criminels et à libérer les citoyens encore aux mains des ravisseurs.