Le groupe parlementaire minoritaire au Ghana a officiellement déposé une nouvelle motion visant à instaurer une commission d'enquête ad hoc sur les pertes financières massives, estimées à 1,7 milliard de dollars, au sein du Ghana Gold Board (GoldBod). Cette initiative parlementaire marque une volonté de l'opposition de clarifier la gestion de cette institution, tout en écartant le recours exclusif au Comité des comptes publics pour traiter ce dossier.
Une stratégie parlementaire ciblée
Le député Vincent Ekow Assafuah, membre de la commission de l'économie, a confirmé que la motion a été transmise au président du Parlement pour examen. Selon le groupe minoritaire, la création d'une commission ad hoc est le mécanisme le plus approprié pour faire la lumière sur les circonstances exactes de ces pertes. Les parlementaires s'appuient sur l'article 103 de la Constitution de 1992 ainsi que sur plusieurs ordres permanents du Parlement, notamment les articles 204, 212 et 213, qui autorisent la formation de commissions spéciales dotées du pouvoir de convoquer des témoins et des experts.
Le refus de la diversion politique
Cette démarche intervient dans un climat de tension marqué par un différend entre le groupe minoritaire et le directeur général du GoldBod, Sammy Gyamfi. Ce dernier a récemment formulé des accusations d'extorsion à l'encontre du leader de la minorité, Alexander Afenyo-Markin. Le groupe parlementaire rejette fermement ces allégations, les qualifiant de manœuvre destinée à détourner l'attention des questions de fond concernant la gestion financière du GoldBod. Les députés de l'opposition ont mis au défi le directeur général de fournir des preuves tangibles pour étayer ses accusations.
L'enjeu de la transparence institutionnelle
Pour la minorité, l'objectif prioritaire demeure l'établissement des faits. En insistant sur la création d'une commission dédiée, les députés entendent maintenir la pression sur les autorités pour obtenir des réponses précises sur l'origine des 1,7 milliard de dollars manquants. Le sort de cette demande repose désormais entre les mains du président du Parlement, dont la décision sur la recevabilité de la motion déterminera les prochaines étapes de cette enquête parlementaire. Le groupe souligne qu'il ne modifiera pas sa stratégie pour accommoder des pressions extérieures, affirmant sa détermination à utiliser tous les outils constitutionnels à sa disposition pour assurer le contrôle de l'action publique.