Le groupe parlementaire minoritaire au Ghana a officiellement sollicité le rappel du Parlement pour exiger des comptes sur la gestion des saisies de stupéfiants impliquant le pays. Cette initiative fait suite à la découverte récente de près de 3,9 tonnes de cocaïne au port de Dunkerque, en France, et vise à mettre en lumière les défaillances systémiques des contrôles aux frontières et des procédures d'exportation nationales.
Une demande de reddition de comptes parlementaire
En s'appuyant sur le soutien requis de 15 % des députés, la minorité parlementaire souhaite contraindre le gouvernement à une transparence totale. L'objectif est d'auditer les ministères de l'Intérieur, des Transports et de la Sécurité nationale, ainsi que des agences clés comme la NACOC et l'Autorité portuaire. Les députés demandent une évaluation rigoureuse des protocoles d'inspection, de scan et de dédouanement qui ont permis à ces cargaisons illicites de quitter le territoire ghanéen.
L'opacité persistante autour des réseaux criminels
Au-delà de l'incident de Dunkerque, la minorité pointe du doigt l'absence de résultats probants concernant la saisie de 3,3 tonnes de cocaïne survenue à Pedu Junction en mars 2025, estimée à 350 millions de dollars. Plus d'un an après les faits, les investigations se limitent à des suspects périphériques, tels que le chauffeur et une employée de maison, tandis que les commanditaires et financiers du trafic demeurent non identifiés. Cette situation soulève, selon les parlementaires, des inquiétudes majeures sur l'efficacité des services de renseignement et de la justice.
Enjeux de sécurité nationale et réputation internationale
Pour les députés à l'origine de cette requête, l'urgence est dictée par la nécessité de protéger l'intégrité des systèmes financiers et maritimes du pays. Ils estiment que la répétition de ces saisies internationales affecte directement la crédibilité du Ghana sur la scène mondiale. Si quatre ressortissants ghanéens ont été inculpés dans l'affaire de Dunkerque, la traque internationale se poursuit, notamment pour le ressortissant néerlandais Jos Leijdekkers, toujours en fuite. Le Parlement est désormais appelé à exercer son rôle de contrôle constitutionnel pour identifier les réseaux criminels structurés derrière ces opérations de grande envergure.