Le groupe minoritaire de la commission des affaires étrangères du Parlement ghanéen a annoncé son refus de participer à une réunion à huis clos prévue le 16 septembre. Les parlementaires conditionnent leur présence à la transmission par le ministère des Affaires étrangères d'un rapport détaillé justifiant les 50 millions de GH¢ engagés pour le rapatriement de ressortissants ghanéens depuis l'Afrique du Sud.
Un bras de fer sur la reddition des comptes
Si le groupe minoritaire a soutenu dès le départ la décision gouvernementale d'évacuer les citoyens ghanéens menacés par les violences xénophobes en Afrique du Sud, il estime que cet impératif humanitaire ne dispense pas l'exécutif de son devoir de transparence. Le député Samuel Abdulai Jinapor, membre de la commission, souligne que le soutien politique apporté à l'opération ne peut occulter l'obligation de rendre compte de l'utilisation des deniers publics.
Une demande d'accès à l'information restée sans suite
Le conflit trouve son origine dans une requête formelle déposée le 17 août dernier, en vertu de la loi sur le droit à l'information (Right to Information Act). Les parlementaires avaient sollicité des documents précis concernant les coûts logistiques de l'opération, incluant les vols, l'hébergement, la restauration, les services médicaux et les paiements liés à la réintégration des 1 964 citoyens concernés. Malgré l'annonce faite le 7 septembre par le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, confirmant une dépense globale de près de 50 millions de GH¢, les pièces justificatives détaillées n'ont toujours pas été transmises aux élus.
L'exigence de transparence comme préalable au dialogue
La position du groupe minoritaire est claire : la réunion à huis clos prévue avec le ministre ne pourra se tenir en leur présence tant que les documents comptables et les preuves de dépenses ne seront pas fournis. En réitérant cette demande, les parlementaires entendent exercer leur mission constitutionnelle de contrôle de l'action gouvernementale. Ils insistent sur la nécessité de permettre au Parlement et à l'opinion publique de vérifier la conformité et la pertinence de ces dépenses, marquant ainsi une volonté de renforcer les mécanismes de redevabilité sur l'usage des fonds des contribuables ghanéens.