Réunis à Abuja, des diplomates des pays membres du MIKTA (Mexique, Indonésie, Corée du Sud, Türkiye et Australie) et les autorités nigérianes ont plaidé pour une refonte profonde des mécanismes de financement climatique. À l'approche de la COP31, qui se tiendra en novembre prochain en Türkiye, l'enjeu est de transformer les engagements internationaux en projets concrets et bancables pour les économies en développement.
Lever les obstacles à l'accès aux fonds
Le constat est partagé par l'ensemble des acteurs : les pays vulnérables peinent à mobiliser les ressources nécessaires en raison de la complexité administrative des dossiers, de la fragmentation des systèmes de financement et des exigences de reporting trop lourdes. L'Australie, par la voix de sa Haute-commissaire au Nigeria, Leilani Bin-Juda, a mis en avant un plan d'action visant à simplifier les procédures d'approbation et de décaissement. L'objectif est de renforcer la capacité des États à concevoir des projets prêts à l'investissement, tout en mobilisant davantage de capitaux privés.
Des initiatives pour combler le déficit d'investissement
La Türkiye a présenté son initiative « Climate Implementation Bridge », développée avec le PNUD, destinée à connecter les priorités climatiques nationales aux sources de financement appropriées sans créer de nouveaux fonds superflus. De son côté, l'Indonésie, qui estime ses besoins annuels à 14,5 milliards de dollars jusqu'en 2030, explore des instruments financiers innovants comme les obligations vertes (green sukuk) et la finance mixte. Ces modèles visent à pallier l'insuffisance des budgets publics nationaux face à l'ampleur des investissements requis pour la résilience côtière et la transition énergétique.
Priorités nigérianes et perspectives africaines
Le Nigeria, qui évalue ses besoins financiers à 337 milliards de dollars d'ici 2035, insiste sur la nécessité d'une transition juste. Le Conseil national sur le changement climatique (NCCC) a réaffirmé sa volonté de prioriser l'adaptation, l'inclusion des femmes et des jeunes, ainsi que la création d'emplois verts. La coopération avec des partenaires comme la Corée du Sud, notamment via des projets agricoles numériques, illustre cette volonté de passer à l'action. L'Éthiopie, qui accueillera la COP32 en 2027, a rappelé que le continent africain, bien que peu émetteur, subit de plein fouet les dérèglements climatiques, justifiant un accès direct à des financements sous forme de dons et à des transferts de technologies essentiels à son développement.