Le Groupe des négociateurs africains sur le changement climatique (AGN) place la barre haut pour la prochaine conférence des parties (COP31) prévue à Antalya. L'objectif est clair : dépasser le stade des déclarations d'intention pour obtenir des mécanismes de financement prévisibles et une mise en œuvre effective des stratégies nationales d'adaptation.
Exiger une architecture financière équitable
Lors de la réunion de stratégie organisée par l'AGNES à Nairobi, le président de l'AGN, Nana Dr Antwi-Boasiako Amoah, a souligné que l'Afrique ne sollicite pas l'aumône, mais réclame une refonte de l'architecture financière internationale. Pour le continent, la priorité absolue demeure l'accès à des financements basés sur des subventions, capables de soutenir les plans d'adaptation nationaux (NAP) et les contributions déterminées au niveau national (NDC). Le groupe insiste également sur la nécessité de rendre le Fonds pour les pertes et préjudices plus accessible et mieux doté, afin de répondre aux impacts climatiques qui dépassent désormais les capacités d'adaptation des communautés locales.
Une transition énergétique ancrée dans le développement
Le plaidoyer africain pour une transition vers des économies basées sur les énergies propres est indissociable des impératifs de développement. Le continent, qui dispose d'un immense potentiel en énergies renouvelables, entend transformer cette transition en levier d'industrialisation locale, de création d'emplois et de lutte contre la pauvreté. Nana Dr Amoah a mis en garde contre toute politique climatique qui servirait de prétexte au protectionnisme ou à des relations économiques inéquitables, notamment dans les secteurs stratégiques comme l'agriculture, les minerais critiques et la technologie.
Renforcer l'expertise africaine dans les négociations
Pour peser sur les décisions internationales, le groupe mise sur une meilleure synergie entre les institutions de recherche, les universités et les décideurs politiques. L'enjeu est de fonder les positions africaines sur des données probantes et crédibles, produites localement. Le succès de la COP31, selon le président de l'AGN, ne se mesurera pas à la fréquence des interventions africaines, mais à la capacité du continent à influencer réellement les résultats finaux. Cette dynamique s'inscrit dans un processus continu, reliant les engagements de la COP30 à Belém jusqu'à la COP32 prévue à Addis-Abeba en 2027.