Une frange importante des responsables du Grand Parti a acté la poursuite des activités de la formation politique, marquant une rupture nette avec le choix de son ancien dirigeant, Malick Gakou, de rejoindre le Pastef. Cette décision, prise lors d'une réunion nationale, fait suite à deux mois de tensions internes et à un rejet formel de l'accord de fusion, qualifié par les contestataires d'opportuniste et de non conforme aux textes.
Une contestation ancrée dans le maillage territorial
Le coordinateur des cadres, Pape Médoune Sow, a affirmé que la majorité du maillage territorial du parti demeure attachée à la ligne politique initiale, baptisée « Projet alternatif ». Selon les données avancées, cette frange du parti revendique une présence dans 30 départements sénégalais. Bien que certaines fédérations aient suivi Malick Gakou, les responsables restants préparent la publication d'une cartographie détaillée pour démontrer l'étendue de leur implantation et la légitimité de leur maintien sur l'échiquier politique.
Le verrou statutaire contre la dissolution
Au cœur de cette crise, l'interprétation des statuts du Grand Parti constitue l'argument juridique principal des frondeurs. En s'appuyant sur l'article 3, ils soutiennent que l'adhésion de Malick Gakou au Pastef équivaut à une démission automatique, rendant caduque toute tentative de fusion imposée. Par ailleurs, l'article 27 des statuts impose des conditions strictes pour toute dissolution, exigeant notamment un congrès validé par les trois quarts des délégués, une procédure qui n'a pas été respectée selon les cadres opposés à la fusion.
Vers un contentieux sur la légitimité du parti
La situation laisse entrevoir une bataille juridique prolongée. Les responsables ayant décidé de maintenir le Grand Parti ont annoncé leur intention de s'opposer par tous les moyens légaux à la fusion actée par l'ancien président. Ce conflit soulève des questions cruciales sur la représentativité et les personnes habilitées à engager la formation politique. En se positionnant comme une entité autonome, le Grand Parti entend désormais préserver son indépendance vis-à-vis du Pastef et du parti présidentiel, tout en se réservant la possibilité de définir de nouvelles alliances lors des prochaines échéances électorales.