Une proposition de découpage territorial du Grand-Nord, qui passerait de trois à sept régions, relance le débat sur l’efficacité de l’action publique au Cameroun. Portée par Guibai Gatama, directeur de publication de l’Œil du Sahel, cette piste de réflexion s’inscrit dans le cadre d’une vaste réforme administrative en cours, pilotée par le Ministère de l’Administration Territoriale (Minat).
Une réforme administrative pour coller aux réalités locales
Le Cameroun engage une réorganisation de sa carte administrative, avec pour ambition de mieux encadrer sa population et d’améliorer l’efficacité des services publics. Parmi les pistes envisagées, l’augmentation du nombre de départements est au cœur des discussions. Guibai Gatama y ajoute une dimension régionale : subdiviser le Grand-Nord, composé actuellement de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Adamaoua, en sept entités distinctes. L’Extrême-Nord serait ainsi divisé en trois régions, tandis que le Nord et l’Adamaoua en compteraient chacune deux.
Des territoires plus vastes que des régions entières : l’argument géographique
L’argument avancé par Gatama repose sur une disparité territoriale criante. Certains départements du Grand-Nord, comme le Mayo-Rey, s’étendent sur des superficies supérieures à la taille cumulée des régions du Nord-Ouest et de l’Ouest. Une telle organisation, selon lui, éloigne les administrations des citoyens et rend l’action publique moins réactive. En créant des régions plus petites et mieux adaptées, l’État pourrait réduire ces écarts et renforcer la proximité avec les populations.
Une meilleure prise en compte des dynamiques démographiques et économiques
Au-delà de la géographie, la proposition vise à aligner les découpages administratifs sur les réalités démographiques et économiques du Grand-Nord. Une région plus petite permettrait une gestion plus fine des ressources, une allocation budgétaire plus ciblée et une réponse plus adaptée aux besoins spécifiques des territoires. Cette approche s’inscrit dans une logique de décentralisation, où les décisions locales gagneraient en pertinence et en efficacité.
Un débat à suivre dans le cadre de la réforme globale
Cette suggestion s’ajoute aux réflexions en cours au sein du Minat, qui pourrait intégrer ou non cette piste dans sa réforme. Si elle était retenue, elle marquerait un tournant dans l’organisation territoriale du Cameroun, avec des implications majeures pour la gouvernance locale, la planification des infrastructures et la cohésion nationale. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si cette proposition fera partie des choix retenus par les autorités.