Un an après son inauguration, le Grand barrage de la Renaissance (GERD) montre déjà ses effets positifs sur l’économie éthiopienne, tandis que l’Égypte intensifie ses protestations, menaçant de bloquer les prochains projets éthiopiens sur le Nil.
Des retombées économiques inattendues
Le gouvernement d’Abiy Ahmed a rapidement mis en avant les revenus générés par le GERD, notamment grâce à la vente d’électricité et à la création d’un pôle de minage de cryptomonnaies, le bitcoin. Cette activité, rendue possible par l’énergie abondante du barrage, alimente un secteur technologique naissant et attire des investisseurs locaux. Par ailleurs, les agriculteurs des régions riveraines bénéficient d’une meilleure maîtrise des crues du Nil, réduisant les pertes de récoltes et améliorant la sécurité alimentaire.
L’Égypte alerte sur les conséquences hydrauliques
Le Caire, qui dépend fortement du Nil pour son approvisionnement en eau, perçoit le succès du GERD comme une menace pour ses propres réserves. Les autorités égyptiennes ont exprimé leur mécontentement, rappelant que le barrage modifie le régime des eaux du fleuve. Face à ces inquiétudes, le gouvernement égyptien a annoncé son intention de s’opposer à tout nouveau projet éthiopien susceptible d’impacter le débit du Nil, augmentant ainsi la tension diplomatique entre les deux pays.
Enjeux géopolitiques et perspectives de dialogue
La situation met en lumière la complexité des relations entre l’Éthiopie et l’Égypte, où les intérêts économiques et sécuritaires se croisent. Alors que l’Éthiopie mise sur le GERD comme levier de développement, l’Égypte insiste sur la préservation de ses droits historiques à l’eau du Nil. Les deux gouvernements restent engagés dans des pourparlers, mais les positions restent fermes, chaque partie cherchant à protéger ses intérêts nationaux.
Implications pour les projets futurs
Le climat de méfiance pourrait retarder ou modifier les plans éthiopiens de construction de nouveaux barrages ou d’infrastructures hydrauliques. Si l’Égypte poursuit ses menaces de blocage, Addis-Abeba devra réévaluer ses stratégies d’investissement dans le secteur de l’énergie et de l’agriculture, tout en cherchant des garanties diplomatiques pour sécuriser ses projets.