Le gouverneur de l'État d'Oyo, Seyi Makinde, a formellement démenti les déclarations du ministre du Territoire de la capitale fédérale (FCT), Nyesom Wike, concernant un prétendu soutien financier de 50 milliards de nairas de la part du président Bola Tinubu. Ce différend public met en lumière les tensions politiques croissantes entre les deux anciens alliés du groupe des « G5 » à l'approche des élections générales de 2027.
Une divergence sur le financement des infrastructures
La controverse a éclaté après une intervention télévisée de Nyesom Wike, affirmant que le chef de l'État avait alloué 50 milliards de nairas pour soutenir la transformation de l'aéroport d'Ibadan en une plateforme internationale. Une version immédiatement rejetée par Seyi Makinde. Lors d'un rassemblement politique à Katsina, le gouverneur a insisté sur le fait que le projet est financé à 100 % par les ressources propres de l'État d'Oyo, sans aucune contribution du gouvernement fédéral.
Le chantier de l'aéroport Samuel Ladoke Akintola
Le projet de modernisation de l'aéroport Samuel Ladoke Akintola a été lancé en septembre 2024, avec un coût initial estimé à 41 milliards de nairas. Si le terminal domestique a été achevé en octobre 2025, les travaux se poursuivent actuellement pour doter l'infrastructure des installations nécessaires aux vols internationaux, notamment les services de douane et d'immigration. Le gouverneur Makinde utilise cet investissement comme un pilier de sa gestion régionale, soulignant l'autonomie financière de son administration dans la conduite de ce chantier stratégique.
La rupture politique au sein de l'ex-groupe G5
Cet échange tendu illustre la fracture politique consommée entre Makinde et Wike. Anciens membres du groupe des « G5 » — une coalition de gouverneurs du Parti démocratique populaire (PDP) qui s'était opposée à la candidature d'Atiku Abubakar en 2023 — les deux hommes suivent désormais des trajectoires divergentes. Alors que Nyesom Wike a intégré le gouvernement de Bola Tinubu et soutient ouvertement sa réélection pour 2027, Seyi Makinde a pris ses distances. Il est désormais le candidat à la présidence pour l'Allied Peoples Movement (APM), marquant une rupture nette avec l'influence du ministre du FCT.