Le gouverneur de la province de l'Ituri a effectué, le 7 septembre, un déplacement stratégique dans le territoire de Mambasa, zone durement éprouvée par des violences récurrentes. Cette visite officielle vise à amorcer une réponse politique et sécuritaire face à la crise humanitaire qui frappe la région depuis plusieurs mois.
Un bilan humain et économique critique
La situation sécuritaire à Mambasa, situé à environ 165 kilomètres de Bunia, s'est considérablement dégradée sous l'effet des attaques attribuées aux rebelles des ADF. Selon les données fournies par la société civile locale, le bilan est lourd : plus de 300 personnes ont perdu la vie depuis le début de l'année. Cette instabilité a provoqué un déplacement massif de populations, touchant plus de 45 000 ménages. Au-delà du drame humain, c'est tout le tissu économique local qui est paralysé, les habitants ayant été contraints d'abandonner leurs terres agricoles et leurs sites miniers.
La restauration de l'autorité de l'État comme priorité
Lors de son intervention, le gouverneur a placé la restauration de l'autorité de l'État et le renforcement de la cohésion sociale au cœur de son action. L'objectif affiché est de créer un environnement sécurisé permettant aux déplacés de regagner leurs foyers et de reprendre leurs activités productives. Dans cette optique, l'autorité provinciale a exhorté la population à renforcer sa collaboration avec les services de sécurité, tout en insistant sur la nécessité d'une coopération étroite avec les équipes sanitaires mobilisées dans la riposte contre Ebola.
L'attente de mesures concrètes par la société civile
Si les engagements du gouverneur sont accueillis avec une certaine ouverture par les représentants de la société civile, ces derniers insistent sur la nécessité d'une traduction immédiate en actes. Les attentes portent principalement sur la fin des tracasseries routières, souvent imputées à certains éléments des forces de sécurité, qui entravent la libre circulation et le commerce. Pour les acteurs locaux, le rétablissement effectif de la sécurité reste la condition sine qua non pour envisager un retour durable des populations et une relance des secteurs agricole et minier, piliers de l'économie du territoire.