Le gouverneur de l'État du Niger contredit par l'UNICEF sur une étude scolaire

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 35 lectures
Le gouverneur de l'État du Niger contredit par l'UNICEF sur une étude scolaire

Le gouverneur de l'État du Niger, Umaru Bago, a récemment affirmé qu'un rapport de l'UNICEF prédisait l'absence totale de garçons en classe de septième année (JSS1) d'ici 2027 dans les zones de Shiroro et Munya. Cette déclaration, liée à l'abandon scolaire au profit de l'orpaillage artisanal, a été formellement démentie par l'organisation onusienne.

Un démenti formel de l'agence onusienne

Interrogé sur la véracité de ces propos, l'UNICEF Nigeria a clarifié sa position par l'intermédiaire de son spécialiste de la communication, Samuel Kaalu. L'organisation a affirmé n'avoir ni conduit ni commandé d'étude spécifique sur l'impact de l'exploitation minière artisanale sur la fréquentation scolaire dans les zones de gouvernement local de Shiroro ou de Munya. Cette mise au point contredit directement les affirmations tenues par le gouverneur Bago lors d'une émission télévisée le 20 septembre dernier.

La confusion autour d'un rapport sur l'insécurité

Si l'UNICEF a bien financé une étude intitulée « L'impact de l'insécurité sur l'accès à l'éducation dans les États de Katsina, Zamfara et du Niger », publiée en juillet 2025, celle-ci ne soutient en rien les prédictions alarmistes du gouverneur. Ce document, réalisé en collaboration avec les ministères de l'Éducation concernés, se concentre sur les conséquences du banditisme, des enlèvements et des conflits communautaires sur la continuité de l'apprentissage. Bien que le rapport mentionne que l'exploitation minière puisse contribuer à des tensions locales poussant certaines familles à retirer leurs enfants de l'école, il ne contient aucune projection statistique sur une disparition des élèves masculins en 2027.

Un contexte de tensions sécuritaires

La sortie médiatique du gouverneur intervenait dans un climat de vive émotion publique, marqué par le décès de 37 personnes suspectées d'orpaillage illégal alors qu'elles étaient en détention sous la garde du Corps de sécurité et de défense civile du Nigeria (NSCDC). Les circonstances exactes de ces décès, survenus après des opérations menées les 15 et 16 septembre dans les zones de M.I. Wushishi et Lukoto, font actuellement l'objet d'une enquête. L'utilisation erronée d'une référence institutionnelle comme l'UNICEF dans ce contexte souligne la complexité des enjeux éducatifs et sécuritaires auxquels fait face l'État du Niger, où la vulnérabilité des jeunes garçons face au travail forcé ou au recrutement par des groupes armés reste une préoccupation réelle, bien que non documentée par la prédiction citée par le gouverneur.

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