Le gouverneur de l'État de Benue, Hyacinth Alia, a officiellement rejeté l'inclusion de son territoire dans le programme pilote de ranching du gouvernement fédéral nigérian. Cette décision, qui souligne une tension croissante entre l'État et le pouvoir central, repose sur la volonté de protéger les terres locales et de répondre aux préoccupations sécuritaires des populations.
Un refus catégorique de la politique fédérale
Le gouverneur Hyacinth Alia a réaffirmé, lors d'une rencontre avec les parties prenantes du bloc de Sankera, qu'aucune parcelle de terre ne serait cédée aux éleveurs sans l'accord explicite de son administration et des communautés concernées. Cette position s'aligne sur celle des principales organisations socioculturelles de l'État, notamment Mzough U Tiv, Ochetoha K’Idoma et Omi Ny’Igede. Ces groupes exigent que tout projet de développement de l'élevage respecte la loi de 2017 interdisant le pâturage libre dans l'État de Benue, privilégiant la sécurité des agriculteurs déplacés à l'installation de nouveaux établissements pastoraux.
Renforcement sécuritaire dans le bloc de Sankera
Face à la recrudescence des violences, des enlèvements et des déplacements de populations dans les zones de Katsina-Ala, Ukum et Logo, le gouverneur a annoncé des mesures immédiates. Trois unités opérationnelles militaires seront déployées dans des points stratégiques, notamment à Agu, Anyiin et Azendeshi. En complément, l'administration prévoit l'octroi de 30 motocyclettes aux forces de sécurité pour accroître la mobilité des patrouilles et la réactivité face aux attaques armées qui frappent régulièrement les communautés agricoles locales.
Contexte de tensions et projets d'infrastructure
Le débat sur le ranching intervient dans un climat sécuritaire dégradé, marqué par des attaques meurtrières récentes dans le district de Mbazun. Malgré ces défis, le gouverneur Alia a profité de sa tournée de concertation pour évoquer des perspectives de développement, notamment un projet de barrage d'une capacité de 460 mégawatts destiné à soutenir l'approvisionnement en eau et la production d'électricité. Ces annonces s'inscrivent dans une stratégie plus large de consolidation politique alors que l'administration prépare les échéances électorales de 2027.