Le gouverneur de la Banque du Ghana, le Dr Johnson Asiama, a appelé le Fonds monétaire international (FMI) à renforcer son appui technique et financier pour accompagner la transformation numérique du continent. Face à l'essor rapide de l'intelligence artificielle, il souligne l'urgence pour les nations africaines de peser sur les règles mondiales afin de garantir une croissance inclusive et une stabilité macro-financière.
Un besoin d'accompagnement technique et réglementaire
Lors des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, le Dr Asiama a insisté sur la nécessité d'un soutien pratique pour structurer la gouvernance de l'IA. Les pays africains doivent impérativement développer des capacités en matière de cybersécurité, de gestion des risques numériques et de technologies de supervision. Selon le gouverneur, cette assistance est le levier indispensable pour permettre au continent non seulement d'adopter ces technologies, mais surtout de les adapter à ses propres besoins de développement structurel.
Intégrer l'IA dans la surveillance macro-financière
Le gouverneur préconise que le FMI intègre systématiquement les enjeux liés à l'IA et à la transformation numérique dans ses programmes d'évaluation du secteur financier (FSAP) et ses travaux de surveillance. L'objectif est d'analyser précisément l'impact de ces technologies sur la productivité, l'emploi et la résilience financière. Une telle démarche permettrait d'anticiper les mutations économiques et d'assurer que l'innovation serve de moteur à une croissance durable plutôt que de facteur d'instabilité.
Mobiliser des financements pour les infrastructures publiques
Au-delà de la régulation, le Dr Asiama a plaidé pour une coordination accrue sur le commerce numérique et la gouvernance des données. Il a exhorté l'institution internationale à faciliter l'accès à des financements abordables destinés aux infrastructures publiques numériques. Ces investissements sont jugés cruciaux pour réduire la fracture numérique qui menace de marginaliser certaines économies africaines. Si le continent a déjà réalisé des avancées majeures dans les paiements mobiles et les services financiers numériques, le gouverneur avertit que sans une action coordonnée et un partenariat renforcé avec le FMI, les lacunes en matière de capacités réglementaires et d'infrastructures pourraient freiner durablement le potentiel de transformation du continent.