Le gouverneur de l'État de Cross River, Bassey Edet Otu, a adressé un avertissement formel aux autorités traditionnelles de sa juridiction. Il menace désormais de retirer leur certificat de reconnaissance officiel à tout chef coutumier dont le domaine serait le théâtre de troubles ou de violences intercommunautaires.
Une réponse aux affrontements de Yakurr
Cette mise en garde intervient dans un contexte de tensions exacerbées, marquées par un récent conflit meurtrier entre les communautés d'Ugep et d'Idomi, dans la zone de gouvernement local de Yakurr. Lors de la 21e édition du festival international Leboku, le gouverneur, représenté par son adjoint Peter Odey, a qualifié ces violences de « spectacle honteux ». Bien que le gouvernement ait envisagé d'annuler les festivités en raison de l'insécurité, il a finalement maintenu l'événement pour préserver sa vocation de vecteur d'unité et de fraternité.
La responsabilité des chefs traditionnels
Le gouverneur a directement interpellé l'Obol Lopon d'Ugep, Obol Ofem Ubana Eteng, s'interrogeant sur les raisons pour lesquelles la situation a pu dégénérer malgré son autorité. Si le bilan de onze années de règne du monarque est jugé globalement positif, l'exécutif exige désormais un contrôle accru des chefs sur leurs sujets. Pour le gouvernement, la préservation de la paix est une condition sine qua non à la stabilité sociale et au développement du tourisme, secteur clé pour la région.
Sanctions et neutralité étatique
Au-delà de la menace de révocation, l'administration Otu a adopté une posture de fermeté concernant les querelles de leadership local. Le gouvernement a ainsi annoncé qu'il suspendrait toute reconnaissance officielle envers les factions impliquées dans les luttes de pouvoir au sein de la communauté d'Agoi Ibami. Cette décision souligne la volonté des autorités de ne pas interférer dans les conflits internes tout en conditionnant le maintien des titres officiels à la capacité des chefs à garantir la sécurité publique sur leurs territoires respectifs.