Le gouverneur de l'État d'Oyo, Seyi Makinde, et le parti Allied Peoples Movement (APM) ont engagé des poursuites judiciaires contre le gouverneur de l'État d'Abia, Alex Otti. Au cœur du litige : l'imposition d'une taxe de 200 millions de nairas exigée par les autorités locales pour autoriser l'affichage de matériel de campagne présidentielle, une mesure dénoncée comme anticonstitutionnelle et discriminatoire.
Un conflit sur les prérogatives électorales
La plainte, déposée devant la Haute Cour de l'État d'Abia, vise également le procureur général de l'État, l'Agence de signalisation et de publicité d'Abia (ASAA) et l'Assemblée législative régionale. Les plaignants soutiennent que l'ASAA outrepasse ses compétences en instaurant une telle redevance. Selon eux, la Constitution nigériane et la Loi électorale de 2026 confèrent à la Commission électorale nationale indépendante (INEC) le pouvoir exclusif de réguler les campagnes électorales, interdisant aux États d'utiliser leurs agences administratives pour favoriser ou pénaliser des candidats.
Le risque d'asphyxie financière des candidats
L'argument central des plaignants repose sur la viabilité financière des campagnes. La loi électorale plafonne les dépenses totales pour une élection présidentielle à 10 milliards de nairas. Les avocats de M. Makinde soulignent qu'une généralisation de cette taxe de 200 millions de nairas par État rendrait le respect du plafond légal impossible, cette seule ligne de dépense absorbant une part disproportionnée du budget autorisé. Ils y voient une manœuvre visant à exclure de facto les candidats non-sortants de l'espace public.
Vers une jurisprudence sur l'affichage politique
Les plaignants sollicitent une injonction pour empêcher les autorités d'Abia de retirer ou de dégrader leurs supports publicitaires, tout en demandant l'annulation pure et simple de la réglementation imposée par l'ASAA. Ils invoquent la primauté du droit fédéral sur les législations locales, arguant que toute directive étatique entravant le droit constitutionnel de se porter candidat est nulle et non avenue. Cette affaire pose un enjeu majeur pour l'équité du scrutin, alors que la justice devra trancher sur la limite entre la gestion locale de l'espace public et la liberté de campagne garantie par les textes nationaux.