Le gouverneur de l'État de Cross River, Bassey Otu, a officiellement annulé une vaste campagne de recrutement au sein de la commission des collectivités locales, dénonçant des pratiques illégales et une corruption généralisée. Cette décision radicale vise à assainir la fonction publique régionale après la mise en cause de l'ancienne commission, désormais dissoute.
Une procédure entachée d'irrégularités massives
L'enquête menée par une commission spéciale a révélé que les embauches effectuées entre 2024 et 2025 étaient dépourvues de toute légitimité. Le rapport pointe du doigt un système de « racket à grande échelle » et une commercialisation des postes, en violation flagrante des règles de la fonction publique et des normes éthiques. Selon le secrétaire du gouvernement, le professeur Anthony Owan Eno, l'absence d'approbation exécutive et le manque total de transparence ont conduit le gouvernement à invalider l'intégralité de l'exercice.
Réorganisation des effectifs et mesures compensatoires
Dans le cadre de cette restructuration, la quasi-totalité des agents recrutés par l'ancienne commission sera retirée de la masse salariale de l'État. Seuls 83 employés, initialement nommés par la Commission de la fonction publique pour la commission électorale indépendante (CROSIEC) puis redéployés, conservent leur poste. Pour atténuer l'impact social de cette décision, le gouvernement a annoncé le versement d'indemnités compensatoires aux personnes évincées, tout en les invitant à postuler de nouveau si elles répondent aux critères de qualification requis.
Vers un nouveau processus de recrutement numérisé
Pour pallier les besoins réels en personnel, l'administration Otu a autorisé le lancement d'un nouveau cycle de recrutement portant sur 4 000 postes. Ce processus se veut radicalement différent : il s'appuiera sur des plateformes numériques et des procédures modernes pour garantir l'adéquation entre les besoins réels des services et les compétences des candidats, assurant ainsi une gestion plus rigoureuse des ressources humaines.
Enquêtes judiciaires en cours
Au-delà de l'annulation administrative, le gouvernement a ordonné l'ouverture d'une enquête judiciaire approfondie. Le procureur général de l'État et les forces de l'ordre ont été mandatés pour identifier les responsables de ces malversations. L'objectif affiché est de traduire en justice toute personne impliquée dans les pratiques de corruption ayant entaché ce processus de recrutement, marquant ainsi une volonté de restaurer l'intégrité des institutions publiques de Cross River.