Le gouvernement américain, sous la présidence de Donald Trump, prévoit d’assouplir les exigences de consommation de carburant pour les véhicules neufs, arguant que cela rendra les voitures plus abordables. Les écologistes et plusieurs experts dénoncent toutefois le risque d’une hausse des dépenses à la pompe et d’une aggravation de la pollution atmosphérique.
Nouvelle orientation du gouvernement Trump en matière d’économie de carburant
Selon les annonces faites sur la plateforme Truth Social, le président Trump estime que les normes actuelles, instaurées sous l’administration Biden, imposent un « gaspillage » inutile. Les nouvelles règles, qui seront publiées par le département des Transports, visent à fixer la moyenne de consommation du parc de véhicules légers à environ 34,5 miles par gallon pour le modèle 2031, contre 50,4 miles prévus précédemment. Cette révision s’inscrit dans la continuité des mesures déjà prises par l’administration Trump pour alléger les contraintes environnementales sur l’industrie automobile.
Conséquences attendues sur le prix des véhicules et la consommation d’essence
Le porte-parole du département des Transports, Sean Duffy, a indiqué que les constructeurs pourront proposer des modèles à prix plus bas, ce qui, selon le président, permettrait aux ménages d’économiser « des milliers de dollars » à l’achat. En parallèle, le prix moyen d’une voiture neuve aux États-Unis a franchi la barre des 50 000 $ en août, selon le Kelley Blue Book. Cependant, les analystes soulignent que des véhicules moins économes en carburant entraîneront une consommation accrue de pétrole, alors que le prix du gallon d’essence a déjà augmenté, atteignant 4,47 $ en septembre.
Réactions des organisations environnementales et de l’industrie
Le Center for Biological Diversity et le Sierra Club ont rapidement critiqué la décision, la qualifiant d’« irresponsable » et d’un « sabotage » des progrès réalisés en matière de réduction des émissions. Dan Becker, directeur de la campagne Safe Climate Transport, a rappelé que les normes de 2024 prévoyaient une économie de 14 milliards de gallons d’essence d’ici 2050. De leur côté, les grands constructeurs – General Motors, Stellantis et Ford – n’ont pas encore commenté officiellement, mais ils ont exprimé leur soutien à l’idée d’offrir aux consommateurs une plus grande variété de véhicules à essence.
Enjeux à moyen terme pour la politique énergétique américaine
Si les nouvelles normes sont appliquées, les économies d’achat pourraient être contrebalancées par des dépenses plus élevées en carburant sur la durée de vie des véhicules. Le débat met en lumière la tension entre la volonté de stimuler la production automobile nationale et les objectifs de réduction des émissions de CO₂. Le gouvernement devra également gérer les répercussions potentielles sur le marché du pétrole, déjà sous pression à cause des tensions géopolitiques, notamment le conflit entre Washington et l’Iran.