Les autorités togolaises ont officiellement clarifié les raisons de l'interpellation et de l'inculpation de trois membres d'une équipe de production audiovisuelle, parmi lesquels deux ressortissants français. Cette affaire, qui fait l'objet d'un suivi consulaire attentif, met en lumière les tensions entre les impératifs de sécurité nationale dans le nord du pays et les activités de tournage documentaire.
Usage non autorisé de drones en zone sensible
L'incident s'est déroulé à Matchatom, dans la préfecture de la Binah, une zone soumise à des mesures de surveillance renforcées en raison de l'état d'urgence en vigueur dans le nord du Togo. Selon le communiqué conjoint des ministères de la Sécurité et de la Justice, l'équipe de la société Tony Comiti Productions, qui réalisait un documentaire pour la série Les Routes de l'impossible, a été interpellée alors qu'elle utilisait un drone non déclaré. Les autorités soulignent que l'autorisation de tournage obtenue le 19 juin 2026, délivrée au nom d'un producteur local, ne couvrait pas les localités où les faits ont été constatés.
Inculpation pour fausses déclarations
Transférés à Lomé début août, les trois individus ont été présentés au procureur de la République le 17 août. Le magistrat instructeur a retenu contre eux le chef de « fausses déclarations », une infraction prévue par le nouveau Code pénal togolais. Le gouvernement insiste sur le fait que cette procédure judiciaire est strictement liée au non-respect des protocoles administratifs et sécuritaires. Il précise que le contenu éditorial du documentaire ou l'exercice de la liberté de la presse ne sont pas en cause dans cette affaire.
Détention et garanties procédurales
Depuis leur arrestation, les trois détenus bénéficient d'une assistance juridique et consulaire. Le gouvernement togolais assure que les conditions de leur détention respectent les normes internationales, notamment les règles Nelson Mandela. Alors que le dossier est désormais instruit par un juge, les autorités appellent à la retenue et au respect de la procédure judiciaire en cours, tout en confirmant que les détenus conservent la possibilité de communiquer avec leurs familles et leurs conseils.