Le gouvernement togolais justifie l'arrestation de deux réalisateurs français par des irrégularités administratives

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 22 lectures
Le gouvernement togolais justifie l'arrestation de deux réalisateurs français par des irrégularités administratives

Le gouvernement togolais a rompu le silence, le 22 août, concernant l'arrestation de deux réalisateurs français, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, survenue le 27 juillet dernier. Les autorités invoquent des « indices graves et concordants » pour justifier les poursuites judiciaires engagées contre ces professionnels, en mission pour la série documentaire « Les routes de l'impossible ».

Des irrégularités administratives au cœur des poursuites

Dans un communiqué conjoint, les ministères de la Justice et de la Sécurité précisent que les deux ressortissants français sont poursuivis pour « fausses déclarations ». Selon Lomé, l'autorisation de tournage dont ils se prévalaient, datée du 19 juin 2026, avait été délivrée exclusivement au nom de leur collaborateur local, Fred Vedomey, sans mentionner les deux réalisateurs. Cette discordance administrative constitue, selon l'exécutif, le fondement des poursuites engagées à leur encontre.

Usage de drone et zones de tournage non autorisées

Outre le défaut d'accréditation nominative, le gouvernement togolais reproche aux deux hommes d'avoir étendu leurs activités au-delà du périmètre autorisé. Les autorités affirment que les réalisateurs ont filmé dans la région des Savanes et dans la préfecture de Binah, des zones explicitement exclues de leur permis de tournage. Un autre grief concerne l'utilisation d'un drone, dont les caractéristiques techniques n'auraient pas été déclarées préalablement aux services compétents, une pratique strictement encadrée par la réglementation togolaise.

Divergences sur la nature de l'interpellation

La défense, assurée par Me Martial Akakpo, rejette ces accusations, affirmant que ses clients « ne reconnaissent aucun fait ». Si le Patronat de la presse togolaise a publiquement dénoncé une procédure jugée inappropriée à l'égard de journalistes en plein exercice de leurs fonctions, le ministère togolais maintient une ligne stricte. Il assure que la procédure judiciaire ne porte « exclusivement sur le respect des dispositions administratives » et non sur le contenu journalistique du projet, cherchant ainsi à écarter les critiques sur une éventuelle entrave à la liberté de la presse.

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