Les autorités togolaises ont confirmé la poursuite de la procédure judiciaire à l'encontre de deux réalisateurs français, arrêtés le 27 juillet dernier alors qu'ils effectuaient un tournage. Le gouvernement invoque l'existence d'indices graves liés à des activités de captation d'images par drone dans des zones sous haute surveillance sécuritaire.
Des zones sous haute surveillance sécuritaire
Le cœur du contentieux repose sur l'utilisation de drones dans des secteurs géographiques sensibles, notamment la région des Savanes, située à l'extrême nord du pays. Cette zone est placée sous état d'urgence depuis 2022 en raison de la menace persistante d'incursions jihadistes en provenance du Burkina Faso voisin, où des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l'État islamique sont actifs. Selon le communiqué conjoint des ministères de la Justice et de la Sécurité, les deux hommes auraient outrepassé les zones autorisées, s'exposant ainsi aux mesures restrictives imposées par le régime sécuritaire en vigueur.
Divergences sur la qualification des faits
Si la société de production Tony Comiti, pour laquelle travaillent les deux hommes dans le cadre de l'émission Les routes de l'impossible, soutient que ses collaborateurs étaient en règle, le gouvernement togolais maintient une ligne ferme. Le directeur général de la société de production, Patrice Lucchini, a toutefois précisé que l'accusation initiale d'espionnage aurait été abandonnée par la suite. Il reconnaît néanmoins que l'équipe a pu pénétrer dans un périmètre déconseillé aux abords de la ville de Kara, un point de friction majeur dans l'instruction en cours.
Le suivi consulaire et judiciaire
L'affaire fait l'objet d'une attention diplomatique constante. Le Quai d'Orsay a confirmé que les deux ressortissants français sont actuellement sous le coup d'une information judiciaire dirigée par un juge d'instruction. À ce jour, les autorités françaises ont pu effectuer trois visites consulaires pour s'assurer de la situation des détenus. Alors que l'enquête se poursuit, la question de la liberté de mouvement des journalistes étrangers dans des zones soumises à des impératifs de défense nationale reste au centre des préoccupations des autorités togolaises, soucieuses de préserver l'intégrité de leur dispositif sécuritaire dans le nord du pays.