Le gouvernement tchadien interdit la mobilisation nationale des diplômés sans emploi

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 44 lectures
Le gouvernement tchadien interdit la mobilisation nationale des diplômés sans emploi

Le ministère tchadien de la Sécurité publique a officiellement interdit, par un arrêté daté du 1er septembre 2026, la marche nationale des organisations de diplômés sans emploi prévue pour le 9 septembre. Cette décision, justifiée par les autorités par des risques de troubles à l'ordre public, intervient dans un contexte de précarité croissante pour la jeunesse tchadienne.

Une interdiction qui suspend la mobilisation

Face à l'arrêté ministériel, le Collectif des diplômés sans emploi a annoncé l'annulation du sit-in initialement programmé sur l'ensemble du territoire. Malgré ce recul forcé, le mouvement maintient une pression symbolique en appelant ses cellules provinciales à rester mobilisées. L'objectif affiché demeure inchangé : obtenir une réponse concrète de l'État concernant l'intégration professionnelle des milliers de diplômés laissés pour compte.

Un marché du travail sous tension

La situation des jeunes diplômés tchadiens est marquée par une déconnexion profonde entre le système éducatif et les besoins du marché. Selon les données de la Banque mondiale, environ 75 000 diplômés sont en quête d'un poste plusieurs années après la fin de leur cursus. Les indicateurs de 2022 illustrent l'ampleur du défi : 37 % des jeunes Tchadiens se trouvaient hors du système scolaire, de la formation ou de l'emploi, un taux d'inactivité qui grimpait jusqu'à 60 % pour la tranche d'âge des 15-24 ans.

Le basculement massif vers l'informel

En l'absence de perspectives dans les secteurs public et privé, une part croissante de la jeunesse qualifiée se tourne vers l'économie informelle pour survivre. À l'image de nombreux diplômés, certains se reconvertissent dans le commerce de détail ou le transport, comme le montre le cas d'un anthropologue de 32 ans contraint d'exercer comme conducteur de mototaxi. Cette sous-utilisation des compétences académiques souligne un enjeu structurel majeur pour le développement économique du pays, où le secteur informel devient, par défaut, le principal refuge face à l'incapacité du marché formel à absorber les nouveaux entrants.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.