Le gouvernement sénégalais veut transformer les Dahiras en leviers de développement économique local

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 23 lectures
Le gouvernement sénégalais veut transformer les Dahiras en leviers de développement économique local

Le ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Dione, ambitionne de faire des Dahiras — organisations communautaires religieuses — des acteurs clés de la production de richesses au Sénégal. En marge du Gamou 2026 à Tivaouane, il a présenté une stratégie visant à transformer leur capital social en capacité productive, sans altérer leur mission spirituelle initiale.

Vers un modèle de Coopératives Productives Solidaires

L'idée centrale portée par le ministère est la création de « Coopératives Productives Solidaires » (CPS-Dahiras). Ce dispositif vise à structurer les ressources humaines et financières déjà présentes au sein de ces organisations pour les orienter vers des activités génératrices de revenus. L'objectif est de passer d'une logique de solidarité d'accompagnement à une solidarité d'autonomisation, en identifiant les besoins locaux et les opportunités de marché spécifiques à chaque territoire.

Tivaouane comme laboratoire d'expérimentation

La ville de Tivaouane a été choisie comme site pilote pour cette initiative. Le ministère prévoit d'y recenser les filières porteuses et les initiatives entrepreneuriales existantes au sein de la communauté. Ce travail préparatoire, mené en collaboration avec la Cellule Zawiya Tidiane, doit aboutir à la signature d'une convention de partenariat. Ce cadre permettra de structurer l'incubation des projets portés par les jeunes et les femmes, tout en facilitant leur accès au financement, à la digitalisation et aux circuits de commercialisation.

Un levier pour la territorialisation du développement

Au-delà de l'aspect local, cette politique s'inscrit dans une volonté de décentraliser l'activité économique, souvent trop concentrée dans les grands centres urbains. Le ministre souligne que les Dahiras, y compris celles de la diaspora comme l'exemple cité à Bilbao, disposent d'un réseau structuré fondé sur la confiance. En organisant ces compétences, l'État espère créer une dynamique de production durable qui dépasse les frontières nationales.

Une transition sous surveillance

Si le potentiel est jugé important, le succès de cette transformation dépendra de la capacité à maintenir l'équilibre entre impératifs économiques et valeurs religieuses. Le modèle sera rigoureusement évalué à Tivaouane avant toute extension à d'autres foyers religieux du pays. L'enjeu est de prouver que l'organisation communautaire peut devenir un moteur de croissance sans perdre l'identité qui a permis de bâtir ces réseaux de solidarité sur le long terme.

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