Le gouvernement sénégalais a annoncé un plan d'apurement de sa dette intérieure, s'élevant à plus de 1 400 milliards de francs CFA, étalé sur une période de trois ans. Si un premier décaissement de 300 milliards est programmé avant la fin de l'année, ce calendrier est jugé insuffisant par les acteurs économiques qui alertent sur l'asphyxie prolongée de leurs activités.
Un secteur du BTP en état de choc
Le secteur du bâtiment et des travaux publics, particulièrement exposé aux retards de paiement de l'État, exprime une vive inquiétude face à cet échéancier. Selon le Syndicat national des travailleurs du BTP, l'économie est actuellement grippée par l'arrêt des chantiers et l'absence d'investissements nouveaux. Cette situation, qui perdure depuis 2021, a conduit à une vague de licenciements dans le secteur formel, sans compter les répercussions sociales majeures au sein de l'économie informelle, elle aussi durement frappée par ce ralentissement prolongé.
Des propositions pour accélérer le désendettement
Face à l'urgence, la Fédération nationale des industries du Sénégal plaide pour une accélération du remboursement sur deux ans, condition sine qua non pour amorcer une relance économique effective. Les représentants patronaux suggèrent notamment la mise en place de mécanismes de compensation croisée. L'idée est de permettre aux entreprises créancières de l'État de déduire leurs impôts sur les bénéfices ou leur TVA de la dette que l'administration leur doit, offrant ainsi une bouffée d'oxygène immédiate à la trésorerie des sociétés.
Un livre blanc pour sortir de l'impasse
Ces recommandations ont été formalisées dans un « livre blanc » remis officiellement au chef de l'État le 17 septembre dernier. Ce document synthétise les attentes du secteur privé et propose des pistes concrètes pour restaurer la confiance et permettre aux entreprises de reprendre leurs activités. La capacité du gouvernement à intégrer ces propositions dans sa stratégie budgétaire sera déterminante pour stabiliser le tissu industriel national et éviter une dégradation supplémentaire du climat des affaires au Sénégal.