Le gouvernement sénégalais face au défi d'une loi de finances rectificative sous haute tension

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 16 lectures
Le gouvernement sénégalais face au défi d'une loi de finances rectificative sous haute tension

Le gouvernement sénégalais a soumis à l'Assemblée nationale une loi de finances rectificative (LFR) pour l'année 2026, révélant une dégradation significative des indicateurs macroéconomiques. Ce texte place la majorité Pastef devant un dilemme politique majeur : valider des mesures d'ajustement budgétaire rigoureuses, nécessaires à la finalisation d'un accord avec le Fonds monétaire international (FMI), ou risquer une paralysie de l'appareil d'État.

Un déficit budgétaire en forte hausse

La révision budgétaire porte le déficit à 1 735,2 milliards de FCFA, soit 7,6 % du PIB, une progression marquée par rapport à l'objectif initial de 5,4 %. Cette situation résulte d'une double pression : une baisse des recettes fiscales, désormais attendues à 5 848,7 milliards de FCFA contre 6 188,8 milliards initialement prévus, et une explosion des dépenses liées à l'énergie. Le soutien au secteur énergétique a en effet bondi de 250 à 790,3 milliards de FCFA, sous l'effet conjugué de la crise mondiale et d'un déficit pluviométrique ayant pesé sur l'économie nationale.

Arbitrages entre investissements et filets sociaux

Pour tenter de stabiliser les comptes publics, l'exécutif a opté pour une réduction drastique des investissements, amputés de 555 milliards de FCFA sur les ressources internes et extérieures. Cette cure d'austérité est toutefois partiellement compensée par une volonté de renforcer la protection des populations les plus fragiles. L'enveloppe dédiée aux bourses de sécurité familiale est ainsi doublée, passant de 35 à 70 milliards de FCFA, illustrant la tentative du gouvernement de maintenir un équilibre social malgré les contraintes budgétaires.

La stratégie de sortie des subventions énergétiques

À moyen terme, le gouvernement affiche l'ambition de réduire les subventions énergétiques à moins de 1 % du PIB d'ici 2029. Cette trajectoire, qui implique un ciblage plus strict des ménages vulnérables, soulève des interrogations sur l'évolution future des prix de l'électricité et du carburant. Ce volet de la réforme est scruté de près, car il constitue une condition centrale de l'accord de principe négocié avec le FMI, portant sur un financement de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois. Le vote de cette loi de finances rectificative devient ainsi, pour la majorité parlementaire, un test de crédibilité vis-à-vis des institutions financières internationales et de sa propre base électorale.

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