Face à une concentration excessive des infrastructures médicales à Dakar, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a présenté une stratégie de refonte du système de santé lors de sa Déclaration de politique générale. Ce plan ambitieux vise à rééquilibrer l'offre de soins sur l'ensemble du territoire tout en misant sur la transformation numérique et la souveraineté pharmaceutique.
Rééquilibrage territorial et infrastructures
Le constat dressé par le chef du gouvernement est sans appel : 80 % des capacités infrastructurelles du pays sont concentrées dans la capitale. Pour corriger cette fracture sanitaire, l'exécutif prévoit une mise à niveau du plateau technique national et la construction de nouveaux hôpitaux. L'objectif est de garantir une prise en charge effective des urgences, des maternités et des services pédiatriques dans toutes les régions. Cette réforme s'accompagne d'une exigence de qualité accrue, le Premier ministre ayant pointé du doigt des défaillances critiques dans la conception de certains établissements, illustrées par des erreurs architecturales majeures entravant le travail des équipes soignantes.
Digitalisation et parcours patient
La modernisation du système repose sur une transformation numérique transversale. Le gouvernement entend généraliser le dossier médical informatisé pour chaque citoyen, facilitant ainsi la continuité des soins et la gestion des données de santé. Cette digitalisation s'inscrit dans une volonté plus large de renforcer la couverture sanitaire universelle et l'assurance maladie, piliers essentiels pour garantir l'accès aux soins à l'ensemble de la population sénégalaise.
Souveraineté pharmaceutique et financement
Au-delà de l'accès, le gouvernement affiche une ambition de souveraineté industrielle en visant une production pharmaceutique locale couvrant 50 % des besoins nationaux. Ce projet s'appuie sur une collaboration renforcée avec le secteur privé local. Pour financer ces investissements lourds sans aggraver la dette publique, le Premier ministre privilégie des mécanismes innovants, notamment le recours au fonds intergénérationnel. Enfin, le secteur de l'élevage sera également intégré à cette dynamique de réforme avec la présentation prochaine d'un Code de la santé publique vétérinaire, soulignant une approche globale de la santé incluant les enjeux de sécurité sanitaire animale.