Face à la recrudescence des propos stigmatisants visant les ressortissants étrangers, le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique du Sénégal a appelé les médias à une responsabilité accrue. Lors de la première édition de la Gracs, il a souligné le rôle crucial de la presse dans la préservation de la stabilité sociale et la lutte contre les discours de haine.
La responsabilité des médias dans la stabilité nationale
Le ministre a rappelé que si la liberté de la presse est un pilier de la démocratie sénégalaise, elle doit s'accompagner d'un discernement rigoureux. En s'appuyant sur l'histoire politique du pays, notamment le rôle des médias lors de l'alternance de l'an 2000, il a souligné que l'information doit servir à rassembler le corps social autour d'une vérité commune plutôt qu'à diviser. Pour le gouvernement, l'exercice du journalisme exige une faculté de jugement constante pour éviter que le débat public ne glisse vers des dérives dangereuses.
Les risques de la stigmatisation des communautés
L'exécutif exprime une préoccupation particulière concernant la tendance à désigner des étrangers ou des groupes spécifiques comme boucs émissaires des difficultés économiques et sociales du pays. Le ministre a rappelé l'avertissement émis par le Conseil pour l'observation des règles d'éthique et de déontologie (Cored) le 6 juillet dernier, soulignant que la stigmatisation peut rapidement mener à une ethnicisation du débat public. Il a insisté sur le fait que les causes des problèmes nationaux sont multiples et ne sauraient être imputées à une seule catégorie sociale ou nationale.
Un enjeu de sécurité pour la diaspora sénégalaise
Au-delà de la cohésion interne, le ministre a mis en lumière une conséquence directe et concrète de ces discours : la sécurité des Sénégalais vivant à l'étranger. Avec plus de deux millions de compatriotes installés hors des frontières, le pays ne peut ignorer que la propagation de la haine sur son sol expose directement sa diaspora à des représailles. La lutte contre la xénophobie est ainsi présentée non seulement comme une exigence éthique, mais comme une véritable « assurance-vie » pour les citoyens sénégalais à travers le monde, rendant la modération du discours public indispensable à la protection des intérêts nationaux à l'international.