Le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) et le Gouvernement provisoire kabyle en exil (Anavad) ont officiellement qualifié les récents incendies meurtriers ayant frappé le nord-est de l’Algérie d’« actes de guerre non conventionnelle ». Face à ce bilan humain et écologique lourd, les autorités kabyles en exil multiplient les initiatives juridiques pour obtenir une enquête internationale indépendante sur l'origine des sinistres.
Un projet de loi pour reconnaître les victimes de guerre
Karim Achab, récemment nommé à la tête de l'Anavad, a annoncé le dépôt prochain d'un projet de loi devant le Parlement kabyle. Ce texte vise à classifier officiellement les incendies comme des actes de guerre dirigés contre la population locale. Cette mesure, si elle est adoptée, permettrait de reconnaître les personnes décédées ou sinistrées comme des « victimes de guerre », ouvrant ainsi la voie à un futur cadre d'indemnisation sous l'égide de l'État kabyle, une fois celui-ci en mesure d'exercer son autorité sur le territoire.
Des accusations portées contre les autorités algériennes
Le responsable kabyle pointe directement la responsabilité d'appareils clandestins liés aux services de sécurité et à l'armée algérienne. Selon lui, ces opérations s'inscriraient dans une stratégie délibérée, baptisée « Kabylie zéro », visant à déstabiliser la région. Pour étayer ces accusations, le mouvement s'appuie sur des témoignages évoquant la découverte de capsules de phosphore, ainsi que sur l'observation de foyers d'incendie simultanés et coordonnés, suggérant, selon le MAK, l'usage de drones ou de largages aériens de substances incendiaires.
La demande d'une enquête internationale impartiale
Le gouvernement en exil dénonce une forme de deux poids, deux mesures de la part d'Alger. Karim Achab souligne que si l'État algérien a su solliciter des instances internationales lors d'incidents frontaliers impliquant des ressortissants algériens, il reste silencieux face aux centaines de morts recensées lors des incendies en Kabylie. Le MAK, qui affirme avoir déjà déposé plusieurs plaintes depuis 2021, annonce renforcer sa coopération avec des cabinets d'avocats internationaux. L'objectif affiché est de briser l'impasse procédurale et de contraindre à l'ouverture d'une enquête indépendante pour établir les responsabilités réelles derrière ce que le mouvement qualifie de « catastrophe écologique » et de stratégie de la terre brûlée.