Le gouvernement nigérien a officiellement écarté toute augmentation des prix du carburant à la pompe, malgré les recommandations du Conseil consultatif de la refondation (CCR). Face aux pénuries persistantes, les autorités privilégient une stratégie axée sur l'assainissement des circuits de distribution et l'optimisation de la chaîne logistique nationale.
Refus d'une hausse des tarifs à la pompe
Réuni le 9 octobre 2026 sous la présidence du général Abdourahamane Tiani, le Conseil des ministres a tranché en faveur du maintien des tarifs actuels. Cette décision va à l'encontre des préconisations du CCR, qui suggérait une révision à la hausse pour alléger le poids des subventions étatiques sur le budget national. Le gouvernement réaffirme ainsi sa volonté de préserver le pouvoir d'achat des citoyens, rappelant que le litre de Super reste fixé à 499 FCFA et celui du gasoil à 618 FCFA, après les baisses successives opérées précédemment.
Identification des blocages structurels
Pour justifier cette position, l'exécutif pointe du doigt des défaillances systémiques plutôt qu'un manque de ressources. Les perturbations observées dans l'approvisionnement seraient le résultat de problèmes de gouvernance affectant la production, le transport et la distribution des produits pétroliers. Un comité technique a été mandaté pour auditer l'ensemble de la chaîne pétrolière, avec pour mission d'identifier précisément les points de blocage qui entravent la fluidité du marché intérieur.
Répression des circuits informels
Parallèlement à cette analyse technique, le gouvernement a durci le ton contre les pratiques frauduleuses. Les autorités estiment que les circuits informels et les détournements de produits contribuent significativement aux pénuries et à la volatilité des prix. En conséquence, des instructions fermes ont été données aux forces de contrôle pour traquer et poursuivre les auteurs, coauteurs et complices de ces activités illicites. Cette offensive vise à sécuriser l'approvisionnement national et à garantir que les ressources énergétiques profitent directement aux différentes catégories sociales, conformément à la politique de redistribution prônée par l'État.