Le Conseil des ministres du Niger a officiellement mis en cause la France dans les événements survenus les 28 et 29 août à Niamey. Les autorités nigériennes, qui affirment détenir des preuves documentées, menacent désormais de porter l'affaire devant les instances judiciaires internationales.
Des accusations directes contre Paris
Réuni sous la présidence du général Abdourahamane Tiani, le gouvernement nigérien a qualifié les troubles de fin août d'« agression » orchestrée. Selon Niamey, ces actions auraient été menées par des éléments du Bataillon spécial de renseignement du Commandement des opérations spéciales (BSR-COS), notamment au sein de la base aérienne 101. Les autorités nigériennes soutiennent que cette opération s'inscrit dans un plan plus large piloté par le régime français pour contester la souveraineté du Niger et reprendre le contrôle de ses ressources naturelles.
Un arsenal militaire saisi comme preuve
Pour étayer ses accusations, le gouvernement a présenté un important stock d'équipements militaires qui aurait été récupéré à l'issue des affrontements. Cet arsenal comprend 34 pick-up équipés d'armes de bord, des véhicules blindés légers, des dizaines de motos, ainsi qu'une large variété d'armements, allant des fusils AK-47 aux lance-roquettes RPG-7 et mitrailleuses lourdes. Ces éléments matériels sont présentés par les autorités comme la preuve tangible d'une tentative de déstabilisation coordonnée.
Tensions diplomatiques et démentis régionaux
Le Niger a également pointé du doigt plusieurs pays africains, les qualifiant de « passerelles » logistiques au service de la France. Ces allégations s'appuient notamment sur le témoignage du capitaine Roger Gabriel, diffusé par la télévision nationale, qui cite le Bénin, la Côte d'Ivoire et le Tchad. En réponse, ces pays ont fermement rejeté toute implication. Le gouvernement béninois, par la voix de son porte-parole Wilfried Léandre Houngbédji, a réaffirmé son opposition à toute déstabilisation du Niger, appelant à la normalisation des relations et à la préservation des liens historiques entre les deux nations.
Vers une procédure judiciaire internationale
Le Niger affirme avoir constitué une « documentation conséquente » sur ces événements. Si cette démarche se concrétise, elle pourrait marquer une étape diplomatique et judiciaire majeure, le pays se réservant explicitement le droit de saisir la justice internationale. Cette stratégie vise à internationaliser le conflit en désignant les acteurs que Niamey estime responsables de l'agression, tout en maintenant une pression constante sur les partenaires étrangers mis en cause.