Le ministère fédéral de l'Éducation du Nigeria a officiellement ordonné le transfert de la gestion du King’s College de Lagos à l’association des anciens élèves de l’établissement (KCOBA). Cette décision marque un tournant majeur pour cette institution historique, entraînant l'arrêt programmé du financement public et une période de transition de six mois.
Un désengagement financier de l'État
La directive ministérielle impose un changement radical dans le modèle économique de l'école. Une fois le processus de concession finalisé, le gouvernement fédéral cessera tout financement des activités du collège. Cette transition, qui doit être supervisée par un comité dédié, soulève des questions sur la pérennité du statut d'école d'unité fédérale de l'établissement. Le ministère a également exigé que l'Association des parents et enseignants (PTA) dresse un inventaire du personnel souhaitant être réaffecté au sein de la Commission fédérale de la fonction publique, actant ainsi une rupture avec le cadre administratif actuel.
Une contestation sociale immédiate
L'annonce a provoqué une réaction brutale du corps enseignant. Le syndicat du personnel a immédiatement ordonné la fermeture totale du campus, bloquant les accès à l'établissement. Cette mobilisation locale pourrait rapidement prendre une dimension nationale, le syndicat ayant alerté ses homologues à travers le pays pour organiser des actions de solidarité. Les représentants des enseignants menacent d'étendre ce mouvement de grève si le ministère ne revoit pas sa position dans les plus brefs délais.
L'inquiétude des parents d'élèves
De son côté, la PTA exprime une vive préoccupation face à l'absence de concertation préalable. Le président de l'association, Peter Oluwaleye, dénonce un manque de transparence sur les conditions de cette concession, soulignant que les familles ont inscrit leurs enfants dans une école publique fédérale et non dans une structure privée. La PTA conteste également le calendrier imposé, jugeant le délai de six mois insuffisant pour restructurer une institution de cette envergure. En attendant des clarifications, les parents sont invités à la prudence concernant les préparatifs de la rentrée scolaire, initialement prévue pour le 13 septembre.