Le ministre nigérian de l'Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, a ordonné la suspension immédiate du commandant du Corps de sécurité et de défense civile (NSCDC) de l'État du Niger, Suberu Siyaka Aniviye. Cette décision fait suite au décès, dans des circonstances encore troubles, de plusieurs personnes soupçonnées d'exploitation minière illégale alors qu'elles étaient placées en détention.
Une enquête interne sous haute surveillance
L'incident, survenu dans la zone de M.I. Wushishi/Lukoto à Minna, fait l'objet d'une investigation approfondie ordonnée par le ministère. Les victimes avaient été appréhendées lors d'opérations de répression menées les 15 et 16 septembre 2026. Face à la gravité des faits, le ministre a insisté sur la nécessité d'une transparence totale, soulignant que la protection des vies humaines demeure la priorité absolue de l'administration actuelle.
Sanctions administratives et mise à l'écart
En application directe des directives ministérielles, le Commandant général du NSCDC, le professeur Ahmed Abubakar Audi, a sommé le commandant de l'État du Niger de quitter ses fonctions sans délai. Ce dernier, accompagné de ses chefs de service responsables des opérations, du secteur minier, des affaires juridiques, ainsi que du renseignement et de l'investigation, a été convoqué au siège national à Abuja. Ils devront répondre de leurs actes devant une commission d'enquête spécialement constituée pour faire la lumière sur les manquements potentiels aux procédures de garde à vue.
Réaffirmation des standards professionnels
La direction nationale du NSCDC a d'ores et déjà dépêché un nouveau commandant pour assurer la continuité du service dans l'État du Niger. Parallèlement, le corps a réitéré son engagement à respecter les droits fondamentaux des personnes détenues. L'institution a averti que tout membre du personnel dont la responsabilité serait engagée dans ces décès, par un non-respect des protocoles légaux ou des normes professionnelles, s'exposera à des sanctions disciplinaires sévères, voire à des poursuites pénales. Cette affaire souligne les tensions persistantes liées à la régulation de l'exploitation minière artisanale et aux méthodes de maintien de l'ordre dans les zones sensibles du pays.