Le gouvernement nigérian rejette tout retour à la subvention des carburants pour préserver la stabilité budgétaire

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 15 lectures
Le gouvernement nigérian rejette tout retour à la subvention des carburants pour préserver la stabilité budgétaire

Le gouvernement nigérian réaffirme sa volonté de maintenir la suppression de la subvention sur les carburants, jugeant un retour en arrière préjudiciable à la stabilité macroéconomique du pays. Selon le ministre de l'Information et de l'Orientation nationale, Mohammed Idris, cette mesure est indispensable pour éviter de replonger dans les distorsions budgétaires et les pénuries qui ont longtemps entravé le secteur énergétique national.

Un levier pour la décentralisation budgétaire

Le gouvernement met en avant un bilan chiffré pour justifier sa stratégie : entre juin 2023 et décembre 2025, la fin de la subvention a permis de mobiliser 15,8 billions de nairas au profit de la Fédération. Cette manne financière a été répartie entre les trois niveaux de gouvernance, permettant aux États et aux collectivités locales de renforcer leurs capacités de financement pour les salaires, les retraites et les services publics essentiels comme la santé primaire et l'éducation. Le ministre souligne que ces ressources ont également soutenu des projets d'infrastructure stratégiques, tels que les autoroutes côtières Lagos-Calabar et Sokoto-Badagry.

Des investissements ciblés et des filets sociaux

Au-delà de l'équilibre budgétaire, l'exécutif insiste sur l'impact des réformes dans le développement du capital humain. Plus de 10 millions de ménages ont bénéficié de transferts sociaux, tandis que 400 milliards de nairas ont été alloués à des dispositifs spécifiques, notamment le fonds de prêt pour l'éducation (NELFUND) et la Société nigériane de crédit à la consommation (CREDICORP). Ces initiatives visent à transformer la capacité fiscale retrouvée en services concrets pour les citoyens, malgré les difficultés économiques actuelles.

Les risques d'une double pression fiscale

Le ministre a mis en garde contre le cumul des charges, rappelant que l'État supporte déjà une subvention sur l'électricité, qui a coûté 3,14 billions de nairas sur la même période. Réintroduire une subvention sur les carburants constituerait, selon lui, un « double coup dur » pour les finances publiques. Le gouvernement soutient que les réformes ont permis d'éviter une crise majeure, notamment une pénurie de carburant qui aurait pu faire grimper les prix sur le marché noir à plus de 3 000 nairas par litre, tout en limitant l'explosion de la dette publique liée au financement « Ways and Means ».

Perspectives de croissance et confiance des investisseurs

Le gouvernement nigérian mise désormais sur l'augmentation de la capacité de raffinage domestique pour sécuriser l'approvisionnement énergétique. Si le ministre reconnaît que les réformes n'ont pas encore résolu l'ensemble des défis structurels du pays, il insiste sur la nécessité de poursuivre cette trajectoire. L'objectif affiché est de transformer durablement la capacité fiscale en emplois et en infrastructures, plutôt que de revenir à un modèle de consommation subventionnée jugé insoutenable par les institutions internationales.

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