Le gouvernement nigérian propose un moratoire de sept ans sur la création de nouvelles universités fédérales

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 3 lectures
Le gouvernement nigérian propose un moratoire de sept ans sur la création de nouvelles universités fédérales

Le gouvernement nigérian a officiellement sollicité le Parlement pour instaurer un moratoire de sept ans sur la création de nouvelles universités, polytechniques et écoles supérieures fédérales. Cette mesure vise à endiguer la prolifération d'établissements publics dont le financement et la viabilité sont devenus intenables pour les caisses de l'État.

Une priorité à la consolidation plutôt qu'à l'expansion

Le ministre de l'Éducation, Dr Tunji Alausa, a adressé une note formelle au président du Sénat, Godswill Akpabio, pour demander l'arrêt immédiat de l'examen des projets de loi visant à multiplier les institutions académiques. Selon le gouvernement, le défi actuel du Nigeria n'est plus d'élargir l'accès par la quantité, mais de renforcer la qualité des structures existantes. Celles-ci font face à des défis structurels majeurs : salles de cours surpeuplées, laboratoires sous-équipés, pénurie de personnel qualifié et infrastructures en dégradation avancée.

Le poids des engagements financiers non tenus

La décision s'appuie sur une réalité budgétaire préoccupante. Le gouvernement peine à honorer ses engagements financiers historiques, notamment l'accord de revitalisation signé avec le syndicat ASUU entre 2013 et 2018. Sur les 1 300 milliards de nairas promis, seuls 250 milliards ont été décaissés sur la période 2013-2021. Plus récemment, sur une enveloppe de 150 milliards de nairas approuvée en 2025 pour l'évaluation des besoins, seulement 50 milliards ont été libérés. Pour l'exécutif, créer de nouvelles entités sans garantie de financement reviendrait à fragiliser davantage un système déjà exsangue.

Le risque de la faillite institutionnelle

Le ministre a mis en garde contre la transformation des établissements en « passifs financiers » pour les administrations futures. En citant les exemples des États d'Ekiti et d'Imo, où la multiplication incontrôlée des institutions a nécessité des restructurations coûteuses, voire des fusions, le gouvernement souligne que la création d'une université dépasse le cadre législatif. Elle implique des coûts récurrents en personnel, en maintenance et en équipements que l'État ne peut plus assumer sans planification rigoureuse. S'inspirant de modèles internationaux comme ceux de la Finlande ou du Japon, le gouvernement nigérian souhaite désormais privilégier l'efficacité opérationnelle et la mutualisation des ressources pour garantir la pérennité du système éducatif national.

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