Le ministre nigérian de l'Information et de l'Orientation nationale, Mohammed Idris, a fermement écarté l'idée d'un rétablissement de la subvention sur les carburants. Selon l'exécutif, un tel retour en arrière compromettrait la stabilité budgétaire retrouvée et annulerait les bénéfices des réformes structurelles engagées par l'administration du président Bola Tinubu.
Un arbitrage budgétaire crucial
Le gouvernement place les citoyens face à un choix de société : maintenir les subventions pétrolières ou financer des programmes de développement durable. Le ministre souligne que les ressources autrefois englouties par ce mécanisme, qui a coûté environ 10 milliards de dollars en 2022, sont désormais réorientées vers des secteurs prioritaires. Parmi ces investissements figurent les prêts étudiants, le crédit à la consommation, ainsi que le financement des infrastructures de transport, de l'énergie et de la sécurité.
L'impact financier des réformes
Selon les données présentées par le ministère des Finances, la suppression de la subvention a permis de libérer 15,8 billions de nairas de ressources au sein du système fédéral entre juin 2023 et décembre 2025. Cette manne financière a été répartie entre l'État fédéral (5,43 billions), les États fédérés (6,52 billions) et les collectivités locales (3,88 billions). Cette nouvelle marge de manœuvre budgétaire a permis aux autorités locales de mieux honorer leurs obligations salariales et de retraite, tout en renforçant les investissements dans le capital humain et l'agriculture.
La menace d'une instabilité persistante
Le gouvernement insiste sur le fait que le retour à l'ancien système recréerait les distorsions de marché, les pénuries récurrentes et les incitations à l'arbitrage qui ont longtemps pesé sur l'économie nigériane. À cela s'ajoute le poids financier de la subvention sur l'électricité, estimée à 3,14 billions de nairas sur la même période. Pour les autorités, la priorité reste la consolidation de la stabilité macroéconomique à long terme, une position soutenue par le secteur privé organisé qui craint qu'un retour en arrière n'affaiblisse la confiance des investisseurs et ne fragilise la trajectoire de croissance actuelle du pays.