Face à la mort inexpliquée de 37 personnes placées en détention par le Commandement de l'État du Niger du Corps de sécurité et de défense civile (NSCDC), le gouvernement fédéral nigérian a officiellement inauguré une commission d'enquête indépendante. Cette instance, composée de dix membres, a pour mission de faire toute la lumière sur les circonstances de ces décès survenus en septembre 2026 et de garantir qu'aucune impunité ne soit tolérée au sein des institutions étatiques.
Un mandat d'enquête rigoureux et transparent
La commission, présidée par Jonathan Kure, ancien directeur général adjoint des services de renseignement (DSS), dispose d'un délai de deux semaines pour rendre ses conclusions. Son champ d'action est étendu : elle doit identifier formellement les victimes, déterminer les causes exactes des décès via des examens médico-légaux et établir si des négligences ou des fautes professionnelles ont été commises. Le ministre de l'Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, a insisté sur le fait que cette enquête doit être menée sans entrave, autorisant les experts à accéder à tous les documents et lieux nécessaires.
Suspensions administratives et mesures conservatoires
En amont des travaux de la commission, le gouvernement a ordonné la suspension immédiate du commandant du NSCDC de l'État du Niger, ainsi que de l'ensemble des agents ayant exercé des fonctions de garde, d'enquête ou de gestion juridique entre le 15 et le 17 septembre 2026. Cette mesure conservatoire vise à préserver l'intégrité de la procédure. Le ministre a formellement mis en garde contre toute tentative de dissimulation de preuves ou d'obstruction à la justice, soulignant que tout agent impliqué, quel que soit son rang, devra répondre de ses actes.
Une composition pluridisciplinaire pour garantir l'impartialité
Pour assurer la crédibilité de ses travaux, le comité réunit des profils variés issus de la société civile, du monde académique, de la médecine légale et des forces de sécurité. Parmi les membres figurent notamment le militant des droits humains Deji Adeyanju, le professeur de pathologie Olayinka Buhari et des représentants des autorités traditionnelles et étatiques du Niger. Cette diversité vise à répondre aux attentes des familles des victimes et de l'opinion publique, le gouvernement ayant réaffirmé que la sécurité des citoyens doit impérativement s'inscrire dans le respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine.