Face à la persistance du chômage et du sous-emploi, le gouvernement fédéral nigérian déploie une stratégie ciblée pour renforcer l'employabilité des jeunes. À travers le programme iDICE, les autorités ambitionnent de former 50 000 personnes dans la région du Sud-Ouest aux métiers de l'externalisation des processus d'affaires (BPO), une initiative visant à connecter les talents locaux aux opportunités du marché international.
Un levier stratégique pour l'emploi des jeunes
Le programme iDICE, soutenu par la Banque d'industrie, la Banque africaine de développement (BAD), l'Agence française de développement (AFD) et la Banque islamique de développement (BID), s'adresse prioritairement aux primo-demandeurs d'emploi et aux jeunes sans formation. Selon les données du Bureau national des statistiques, le taux de chômage au Nigeria s'établissait à 4,3 % au deuxième trimestre 2024, avec près de 9,87 millions de personnes sans emploi. Cette nouvelle formation vise à transformer cette main-d'œuvre en un vivier de compétences numériques compétitif.
Modalités de formation et inclusion sociale
La formation, d'une durée de quatre à huit semaines, sera dispensée via des formats hybrides et virtuels. Les compétences visées incluent le service client, la gestion de données et les opérations de back-office. Le déploiement est réparti entre les six États du Sud-Ouest : Lagos (10 000 places), ainsi qu'Ogun, Oyo, Osun, Ondo et Ekiti (8 000 places chacun). Une attention particulière est portée à l'inclusion, avec 40 % des places réservées aux femmes et des efforts de recrutement spécifiques pour les personnes en situation de handicap et les jeunes sortis du système éducatif.
Vers une intégration au marché mondial
Au-delà de l'acquisition de compétences techniques certifiées, l'enjeu est de positionner le Sud-Ouest du Nigeria comme un hub régional pour les talents du BPO. En permettant aux jeunes de travailler pour des entreprises internationales sans quitter leur pays, le programme cherche à capter les flux de travail transfrontaliers. Cette stratégie pourrait, à terme, attirer davantage d'investissements étrangers dans la région tout en offrant une alternative concrète aux jeunes Nigérians confrontés à la précarité professionnelle.