Face aux critiques locales, le ministre nigérian des Travaux publics, David Umahi, a défendu la décision de dévier le tracé de l'autoroute côtière Lagos-Calabar au niveau de l'État d'Ondo. Le gouvernement invoque des impératifs techniques et financiers pour justifier ce changement de cap sur un projet stratégique majeur.
Des contraintes géologiques majeures
Le ministre a expliqué que le tracé initial traversait des zones présentant des fosses atteignant plus de 100 mètres de profondeur, dépourvues de sable de qualité sur une distance de 300 mètres. Selon les services techniques, maintenir l'alignement original aurait engendré des coûts de construction prohibitifs. Pour pallier ces difficultés, le ministère a opté pour un détour et une refonte du projet, incluant des travaux de remblaiement de plus de 10 mètres de hauteur afin de stabiliser le terrain sur les sections 4A et 4B, qui couvrent 67 kilomètres entre l'Ogun et l'Ondo.
Optimisation des infrastructures et fluidité du trafic
Au-delà de la polémique sur le tracé, le gouvernement a détaillé l'avancement global du projet. La section 1, reliant Victoria Island à Lagos sur 47,47 kilomètres, est désormais achevée. Parallèlement, des ajustements structurels ont été opérés autour de la raffinerie Dangote et du port en eau profonde de Lekki, où un pont de 86 mètres a été conçu pour absorber le flux des poids lourds et résoudre les conflits de circulation avec les infrastructures ferroviaires et routières existantes.
Réalignement stratégique vers l'axe Est-Ouest
Dans une volonté d'inscrire le projet dans la durée, le président Bola Tinubu a ordonné que la poursuite de l'autoroute vers l'État d'Edo suive l'axe routier Est-Ouest existant. Ce choix répond à une nécessité climatique : le gouvernement prévoit de surélever certaines portions de la route de deux mètres pour prévenir les risques d'inondations récurrentes. Ce corridor de 104 kilomètres, incluant le contournement de Benin City, vise à désengorger les centres urbains et à stimuler l'activité économique régionale.
Poursuite des chantiers dans le delta du Niger
Le ministère des Travaux publics multiplie les interventions dans le delta du Niger, avec le lancement prochain de la construction d'une voie rapide de 129 kilomètres entre les frontières Edo-Delta et Delta-Bayelsa. Si certains contrats, comme celui confié à CCECC, ont dû être revus à la baisse en raison de contraintes budgétaires, d'autres chantiers prioritaires, notamment les contournements d'Eleme et d'Eket, progressent avec la mobilisation d'entreprises spécialisées pour des travaux d'urgence et de reconstruction complète.