Face à l'état de délabrement avancé de l'autoroute reliant Benin à Asaba, le ministre nigérian des Travaux publics, David Umahi, a sommé l'entreprise China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC) d'engager des réparations immédiates. Cette injonction, assortie d'un délai strict de 14 jours, vise à mettre fin à un calvaire logistique qui paralyse les échanges économiques et bloque des milliers d'usagers sur cet axe stratégique.
Une urgence sécuritaire et économique
La situation sur le terrain est devenue critique, avec des témoignages faisant état de chauffeurs et de passagers bloqués pendant plusieurs jours dans des embouteillages monstres. Les sections situées près d'Ubulu-Okiti et d'Onicha-Ugbo sont particulièrement impraticables, forçant les transporteurs à des détours prolongés. Pour le gouvernement, cette intervention est une nécessité pour rétablir la fluidité du trafic, alors que les activités commerciales le long de ce corridor subissent des pertes importantes dues à l'impossibilité de circuler normalement.
Les exigences du ministère
Le ministre a été formel : CCECC doit réhabiliter les voies de service dont l'asphalte a été retiré durant les travaux, indépendamment de l'état actuel des paiements. Outre ces voies de service, une intervention d'urgence est requise sur environ quatre kilomètres de chaussée, entre les points kilométriques 103 et 107. David Umahi a souligné que si le ministère disposait des capacités techniques pour réaliser ces travaux, il restait entravé par les clauses d'un contrat de concession existant, tout en assurant que le gouvernement fédéral mettait tout en œuvre pour garantir le financement des chantiers en cours.
La pérennité du second pont sur le Niger
Au-delà de la réparation immédiate, cet axe est indissociable du projet du second pont sur le Niger, dont l'exécution est confiée à CCECC. Ce chantier, qui affiche un taux de réalisation de 26,7 %, est considéré comme vital pour la sécurité nationale. Le premier pont, en service depuis plus de soixante ans, montre des signes de vulnérabilité qui rendent l'achèvement de la nouvelle infrastructure indispensable. Le gouvernement a confirmé qu'un mécanisme de financement alternatif a été validé par le président Bola Tinubu pour pallier l'arrêt des crédits d'impôt de la NNPC et assurer la continuité des travaux.
Un soutien des autorités locales
La décision ministérielle a été saluée par le gouvernement de l'État du Delta. Charles Aniagwu, commissaire aux travaux ruraux, a souligné que l'état de cette route fédérale constituait une préoccupation majeure pour les populations locales. Cette intervention est perçue comme un levier indispensable pour dynamiser à nouveau les échanges économiques entre les régions, tout en soulageant les usagers qui subissent, depuis plusieurs semaines, une dégradation accélérée des conditions de transport.