Face à un secteur du transport routier jugé archaïque et sous-performant, le gouvernement nigérian a officiellement lancé une initiative de transformation profonde. L'objectif est de moderniser un pilier vital qui assure plus de 90 % du transport de passagers et de marchandises dans le pays, mais dont la contribution au PIB plafonne à seulement 1,56 %.
Un levier économique sous-exploité
Le constat dressé par les autorités est sans appel : le secteur accuse un retard structurel majeur, estimé à près d'un siècle par rapport aux standards européens des années 1930. Cette inefficacité freine la croissance nationale globale. Pour pallier ce déficit, l'administration Tinubu mise sur une refonte axée sur la sécurité routière, la professionnalisation des conducteurs et l'intégration de systèmes numériques pour la gestion des véhicules et des infrastructures.
Stratégie de modernisation et gouvernance
Sous l'égide du Conseil consultatif national sur la sécurité routière, présidé par le vice-président Kashim Shettima, cette réforme entend éviter la création de nouvelles agences bureaucratiques. Le modèle repose sur une coordination renforcée entre les trois niveaux de gouvernement — fédéral, étatique et local — en s'appuyant sur les structures existantes. Un comité technique multisectoriel a été proposé pour élaborer un cadre de gouvernance intégré, incluant des acteurs publics, des syndicats de transporteurs et des partenaires financiers.
Défis financiers et transition énergétique
La question du renouvellement du parc automobile reste un obstacle majeur. Les experts soulignent que les taux d'intérêt commerciaux actuels, oscillant entre 30 et 33 %, empêchent les opérateurs de remplacer des véhicules vieillissants et dangereux. Pour favoriser cette transition, des appels ont été lancés en faveur de taux de crédit préférentiels à un chiffre. Parallèlement, le gouvernement encourage l'adoption du gaz naturel comprimé comme alternative énergétique plus propre et plus efficace pour le secteur.
Indicateurs de réussite
La réussite de cette initiative sera évaluée à travers des critères concrets : la réduction du taux d'accidentalité, l'amélioration de l'efficacité logistique et la valorisation des conditions de travail des professionnels du transport. Si le projet attend encore une validation formelle, il marque une volonté politique claire de transformer les défis logistiques du pays en opportunités de développement économique durable.