Le gouvernement fédéral du Nigeria a officiellement écarté toute augmentation immédiate des tarifs de l'électricité. Cette déclaration intervient alors que le ministre de l'Énergie, Joseph Tegbe, dresse un bilan positif de ses 100 premiers jours à la tête du ministère, marqué par une hausse de la capacité de production nationale.
Une montée en puissance du réseau national
Le secteur électrique nigérian a franchi un cap significatif avec une production dépassant les 5 000 mégawatts (MW) ces dernières semaines, contre une fourchette oscillant entre 3 700 et 4 700 MW avant juin 2026. Ce pic de 5 330 MW, atteint entre août et septembre, résulte d'interventions ciblées sur les infrastructures existantes. Parmi les réalisations majeures figurent la remise en service de la centrale d'Alaoji (375 MW), à l'arrêt depuis trois ans, ainsi que l'installation de nouveaux transformateurs à Lagos et Abuja, permettant de débloquer plus de 900 MW de capacité de transmission supplémentaire.
Assainissement financier et lutte contre les pertes
Pour stabiliser la chaîne de valeur, l'administration a entrepris de solder une partie des dettes du secteur, avec 1 230 milliards de nairas déjà mobilisés sur un passif total estimé à 3 300 milliards. Parallèlement, une stratégie de lutte contre les pertes de revenus a été déployée, notamment sur le corridor industriel Ikorodu-Sagamu, où le vol d'énergie et les fuites financières représentaient environ 120 milliards de nairas par an. Le ministère mise également sur la généralisation du comptage intelligent, avec 350 000 nouveaux compteurs installés en 100 jours et la résolution d'un contentieux juridique majeur qui débloque l'acquisition de 1,4 million d'unités supplémentaires.
Déploiement du solaire et perspectives de réseau
Au-delà du réseau national, le gouvernement intensifie l'électrification rurale via 62 installations solaires et mini-réseaux répartis dans 30 États, bénéficiant à plus de 208 000 personnes. La création de la Renewable Asset Management Company (RAMCO) vise à mobiliser 3 000 milliards de nairas pour pérenniser ces infrastructures publiques. À court terme, les efforts se concentreront sur la sécurisation des corridors de transmission stratégiques et l'accélération de projets prioritaires, notamment via des partenariats internationaux, avec pour objectif de traduire ces réformes techniques en une amélioration tangible de la fiabilité de la fourniture électrique pour les citoyens et les entreprises.